mercredi 24 février 2010

A Rit-chier par terre

Je ne pensais pas que c'était possible. Pourtant, il faut se rendre à l'évidence : Danny Boyle a trouvé à qui se mesurer en matière de mise en scène absurdement amphétaminée en la personne de Guy Ritchie. Quoique, Ritchie est peut-être (si toutefois c'est encore possible) plus bourrin.

Arnaques, crimes et botanique était son Petits meurtres entre amis (jusqu'ici, tout va bien, comme dirait cousin Hubert), Snatch son Trainspotting (jusqu'ici, tout va bien). Je n'ai pas vu RocknRolla, donc je m'abstiendrai de trouver un équivalent Boylien. Sherlock Holmes, par contre, je n'ai pas peur de le dire, vole aussi bas que Slumdog Millionnaire.

Sherlock Holmes

Le scénario est parsemé de "traits d'esprit" tous plus lourdingues les uns que les autres, les explosions et les bastons à tire larigot vous font regretter de ne pas avoir d'Aspegic à portée de main. Mais elles constituent, paradoxalement, des moments de répit tant les dialogues sont d'une platitude pesante. Un peu comme dans Funny Games, dans lequel Haneke alterne les séquences où il ne se passe rien (à dessein) et les scènes ultra violentes, qu'on en vient à attendre avec impatience autant qu'avec appréhension.

Sans compter cet usage du symbolisme pour les débiles légers, lorsqu'un corbeau fait son apparition à chaque fois qu'un personnage est sur le point d'y passer. On sait jamais, des fois que le spectateur ne comprenne pas que suite à une chute du 3ème étage après combustion spontanée, on a peu de chance d'être frais et dispo... Par ailleurs, Ritchie a visiblement mal digéré sa rupture d'avec Melle Ciccone : son espèce de sous-Franc-maçonnerie ("Temple of the four Orders"...) a des faux airs kabbalistes...

Bon, et puis je pinaille, mais c'est quoi ce noircissement pourri de la dent du géant qui parle français (oui, j'ai compris qu'il parlait français parce qu'il n'y avait plus de sous-titres quand il causait) ? Y avait plus de budget pour le maquillage ?

Et l'intrigue. L'intrigue... Dans l'œuvre d'Agatha Christie, on s'amuse à chercher à identifier un meurtrier ou résoudre l'énigme, quitte à prendre de fausses pistes. Ici, on sait de bout en bout que les méfaits relevant du fantastique vont trouver une explication à la fin, et aucun élément n'est donné pour que l'on puisse tenter d'éclaircir le mystère par nous-mêmes.

Beau gâchis en somme, surtout pour Robert Downey Jr., qui se prête au petit jeu du film d'action imbécile, et qui malheureusement risque fort de remettre le couvert, si on lit entre les lignes - pardon - les poutres de la scène finale.

Guy Ritchie : - "Quelqu'un reveut-il un peu de tartiflette à la choucroute ?
(Tous en chœur) : - NON MERCI."

mardi 23 février 2010

Génial Monsieur Vulpes

Mon image de profil Blogger me trahit depuis bientôt quoi, 3 mois ?...


Oui, Fantastic Mr. Fox, ça faisait un certain temps que j'en attendais la sortie, et pour cause :
- un nouveau cru de Wes Anderson, dont The Darjeeling Limited était juste sublime, qui plus est cette fois un film d'animation...
- ...adapté d'un roman de Roald Dahl, auteur britannique maintes fois adapté mais dont l'œuvre semble inépuisable,...
- ...le tout voicé par un casting alléchant : George Nespresso Clooney, Meryl Streep, Jason Schwatrzman...

Autant dire qu'on pouvait l'attendre au tournant, ce film.

Et bien je l'ai vu la semaine dernière (deux fois, la première ayant été gâchée par des micro-sommeils malvenus mais qui sont à imputer à un peu trop de taf ces derniers jours...). Et c'est top. Tout. Du début à la fin.

Anderson, qui s'essaie pour la première fois à l'animation, ne se laisse ni avoir par la beauté visuelle de son univers, ni noyé dans la richesse de son histoire (contrairement à Tatia Rosenthal, par exemple, dont Le Sens de la vie pour 9.99$ a l'air bâclé à côté de Mr. Fox), co-écrite avec l'excellent Noah Baumbach, quasi inconnu en France mais à qui on doit le génialement touchant (et drôle) Les Berkman se séparent (aka The Squid and the Whale).

Les détails, tant dans les décors que dans les costumes, sont remarquables, et des gros plans récurrents permettent d'apprécier la minutie apportée à la réalisation des visages des personnages - filmés d'on ne peut plus près.

La mise en scène n'omet cependant pas les plans larges, mettant en scène les nombreuses acrobaties et autres danses endiablées de nos protagonistes, qui semblent finalement si petits filmés de loin.

La musique, comme toujours chez W.A., n'a pas été négligée : on retrouve dans la B.O. les Stones, les Beach Boys, et surtout Jarvis Cocker de Pulp, qui a même droit à son personnage (Petey). Mais la musique originale est signée par des Frenchies, et l'on sent (à nouveau, cf. le court-métrage d'introduction de Darjeeling...) l'influence que le "chic à la française" a sur le réalisateur - à plusieurs reprises, Mr. Fox gratifie ainsi le spectateurs de tirades dans la langue de Godard.

Il ne renie pas non plus l'héritage d'autres illustres cinéastes, et puise dans une culture plutôt classique (l'évasion en moto de Fox n'est pas sans rappeler l'envolée de McQueen) mais toujours appropriée (on pense forcément à un moment ou un autre à Chicken Run).

Son film a en fait pas mal de points communs avec les chefs-d'œuvre de Pixar : intelligents, et pourtant accessibles dans l'universalité des thèmes abordés - pour Mr. Fox, les questions sont "est-il possible de lutter contre sa propre nature ?", "comment trouver sa place au sein d'un groupe en exploitant ses différences ?"

Mais ce qui fait la différence - et confère aux films de Wes Anderson un ton et une ambiance uniques -, c'est cette "douce amertume" qui nous fait sourire autant qu'elle peut donner les larmes aux yeux, et cette énergie communicative qui nous donne envie, à l'instar du personnage d'Ash, de porter une cape, d'enfiler une chaussette sur la tête et de jouer au Whackbat.


P.s. : Poun, j'espère (enfin, j'imagine...) que toi non plus, tu n'as pas été déçue ?...

jeudi 18 février 2010

Elastiqueberstein

Ça n'a choqué personne, ces affiches dans le métro ?


Parce que j'ai essayé, et à moins d'avoir un bras gauche 10 cm plus long que le droit, je vois pas comment on peut être à l'aise dans une pose pareille (et pourtant je parle en connaissance de cause, je suis hyperlaxe...).

mardi 16 février 2010

Les garçons, les filles et les autres, au théâtre !

A un bien beau cadeau j'ai eu droit samedi soir : Miss Turtle et moi avons assisté au spectacle de Guillaume Gallienne, à l'Athénée, Théâtre Louis Jouvet, Les garçons et Guillaume, à table !


Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, ce sociétaire de la Comédie-Française s'illustre sur Canal depuis 2008 dans ses Bonus, visibles dans Le Grand Journal. Mon préféré reste sans doute celui-ci. Perso, c'est par sa prestation dans Narco que je l'avais remarqué, et sa présence dans La Jungle aux côtés de Patrick Mille a su rendre le film regardable.

Et bien depuis fin janvier, l'ami interprète à l'Athénée (dans le 9ème) une sorte de One Man Show, mi-spectacle à sketches, mi-pièce de théâtre, plein de petites phrases qui font mouche dans une mise en scène et en costumes génialement trouvée.

Le succès est tel que tout est booké jusqu'à fin février, mais la salle a la bonne idée de donner de nouvelles représentations à partir de juin. Allez-y donc de ma part (et de celle de Miss T.).

mardi 9 février 2010

No Milk Today

Aujourd'hui, une (autre) note laitière : nouvelle leçon de marketing, plus précisément de pricing pour les nuls.

Tu vois, ça, c'est 3 bouteilles de lait. Je les ai trouvées au Franprix (les trois dans le même, sinon ça compte pas) rue de Poissy, dans le 5ème arrondissement de Paris, il y a une semaine.

La première, c'est une bouteille d'1L. Elle a subi une "baisse de prix", elle est vendue 94 cts.


Et ça, c'est une bouteille d'1/2L. C'est pas mal, quand on est 2, pour dépanner. Elle aussi a connu une "baisse de prix". Et bien tu devras quand même débourser 95 cts pour en faire l'acquisition. Logique.


Et puis, il y a la mignonnette. La mini-bouteille, celle des célibataires, qui ne veulent pas gâcher, parce qu'ils savent qu'ils ne boiront pas leur demi-litre ou leur litre. Pour ceux-là, Franprix a tout prévu (sauf la baisse de prix) : elle ne coûte que 99 cts.


Cette note est dédiée aux producteurs de lait, à qui on peut souhaiter une très belle année 2010...

mercredi 3 février 2010

Heureusement, la RATP veille.

Alors on a réfléchi, et on s'est dit que la solution pour que vous n'attiriez pas "la convoitise avec votre Smartphone", c'était de vous faire distribuer des flyers orange fluo par des mecs fringués comme des flics qui vous encercleront comme si vous veniez d'agresser une vieille.




Merci, la RATP.

dimanche 31 janvier 2010

Los Ange-lait-ce



(Merci à Melle Tortue pour son inspiration)

vendredi 29 janvier 2010

Bob l'éponge

(Pour Simon...)

Rasta roquette

mercredi 27 janvier 2010

Qui a dit que TF1 était la chaîne la plus racoleuse ?...

Ils auraient pas un problème, sur le site de Canal ?...


Certes, pour les "+ vues" ils n'y peuvent rien. N'empêche, on sait très bien pourquoi ce sont les + vues, et surtout qui a eu la bonne idée de retenir ces images-là pour servir de vignettes aux vidéos...

mardi 26 janvier 2010

Damon is forever

Il est surtout partout, l'ami Albarn.



Une nouvelle galette pour les morts-vivants de Gorillaz (chaque nouvel album étant censé être le dernier...) d'une part. Elle s'appelle Plastic Beach, est prévue pour le 8 mars, et le premier single (feat. Bobby Womack et Mos Def) est écoutable ici (impossible d'intégrer la vidéo sur un blog, merci Parlophone...).

Et pour les impatients, le 9 février sort le assez attendu nouveau Massive Attack, avec du beau monde en guest (l'habitué Horace Andy, mais aussi des nouveaux comme Martina Topley-Bird). Son petit nom, c'est Heligoland, et en voici un extrait :


Jewish connection

Comme prévu, deux nouveaux films à mon compteur ce week end, un français et un américain à nouveau.


Gainsbourg (vie héroïque) d'abord. Joann Sfar a répété à l'envi que son intention n'était pas de mettre en images des moments avérés de la vie du Grand Serge : des archives (en particulier des images), il en existe, on a pu les voir ne serait-ce que la semaine dernière sur France 3, et la Cité de la Musique avait monté une expo fin 2008 qui bien que décevante (l'enjeu était énorme, vu l'étendue de son œuvre) permettait d'en apprendre plus sur l'homme.

Un réalisateur met forcément de lui dans son œuvre, et le choix de Sfar est a priori louable : il a souhaité proposer un film "personnel". Malheureusement, Gainsbourg (vie héroïque) est plus que cela : il est outrageusement égocentré. Cela me coûte de l'admettre, mais mon père, qui après la lecture de quelques pages de son carnet Ukulélé, me faisait part de son sentiment sur l'auteur de bd avait sans doute raison : le mec est finalement assez prétentieux, car sans doute trop conscient de son talent.

Son premier long-métrage en est une longue démonstration : quand Serge Gainsbourg peint, ce sont des esquisses de Sfar que l'on voit ; les paravents de chez Mme Hartur : des dessins de Sfar ; les musiciens accompagnant Fréhel/Yolande Moreau : ma main à couper qu'il s'agit de ses amis, avec qui il tape des bœufs dans Ukulélé ; et pour finir le film, après le noir : une citation de "J. Sfar" (je doute qu'il s'agisse d'un homonyme) - « Ce ne sont pas les vérités de Gainsbourg qui m’intéressent, mais ses mensonges ».

Au final, on a l'impression d'avoir vu un film sur un artiste juif pas sûr de lui, qui aura touché à l'art pictural comme à la musique : Joann Sfar. Super.


Heureusement, il y a les frères Coen. Aaaahhh....

Paul Rudd disait très justement "faire l'amour, c'est comme manger une pizza : quand c'est bon, c'est génial, et quand c'est pas bon, c'est pas mal quand même." Il en va de même pour un film des frères Coen : Burn after reading était moyen, mais c'était bien quand même. A Serious Man est tout simplement exceptionnel.

En en sortant, une pensée me vient subitement : VDM est un concept juif. Le propre de l'humour juif, c'est de rire de ses malheurs : victimes de persécutions depuis des millénaires, la meilleure façon de survivre, c'est finalement d'en rire. Mais cette auto-dérision s'applique également aux petits tracas de tous les jours, et c'est la matière première du dernier chef d'œuvre d'Ethan et Joel Coen (qui ont toujours su faire rire avec des situations horribles).


Le film s'ouvre sur la citation du Rabbin Shlomo Itzchaki : "Receive with simplicity everything that happens to you." Le problème de Larry Gopnik est qu'il fait (par défaut) cet adage sien avec un peu trop de zèle : il est prof de physique dans une université du Midwest, marié, a deux enfants dont un fils sur le point de faire sa Bar Mitzva, attend d'être promu, mais son principal problème, c'est qu'il a toujours été passif. Alors quand tous autour de lui prennent des décisions qui lui sont tout sauf favorables - pire, que le sort semble s'acharner sur lui -, il ne sait plus vers qui (quel Rabbin...) se tourner.

Mais comme c'est un film des frères Coen, c'est hilarant. Et surtout, c'est sublimement mis en scène, en images, construit, dialogué et casté - contrairement à un Benjamin Button ou The Reader, aucune tête d'affiche ici, mais la distribution est parfaite. Et contrairement à Sfar qui livre un objet qui ne parle que de lui-même, les Coen ont produit un film ultra-personnel mais qui parle à tous (et peut-être un peu plus aux juifs...).

(ATTENTION, CE QUI SUIT EST UN SPOILER, NE PAS LIRE SI VOUS N'AVEZ PAS ENCORE VU LE FILM) Et ils se permettent ce que tout créateur, Dieu en sa propre œuvre, peut se permettre : après avoir infligé le pire à leur personnage, et alors qu'on se demande comment celui-ci va pouvoir s'en sortir, les tout-puissants Coen administrent à leur film... une tornade. Alors forcément, les soucis de Gopnik (et des autres personnages) paraissent un peu peanuts. Mais n'est-ce pas la conclusion ultime à apporter à toute fiction ? : happy end ou pas, une fois le noir venu, les personnages ne sont plus... Difficile de faire mieux.

http://www.wikio.fr

vendredi 22 janvier 2010

Michel Blanc vs All Blacks

Une double-note ciné aujourd'hui pour sortir de la spirale infernale du mécontentement et du grognage - que le lecteur se rassure cependant, je vais parler d'un film qui ne m'a pas plu. Faut pas déconner, quand même.

Deux films vus cette semaine (et deux autres qui devraient y passer ce week end), un français et un américain.



Commençons par le dernier fait d'arme de Michel Blanc. Bien qu'il ne l'ait pas réalisé, Une petite zone de turbulences semble être son bébé plus que celui d'Alfred Lot (qui accuse une filmo assez peu remarquable).

Depuis 2002 et Embrassez qui vous voudrez, Blanc ne nous avait gratifié que de ses performances d'acteur. Il signe ici le scénario et l'adaptation d'un roman anglais (encore), en fait une comédie chorale (encore) qui parle de couples (encore) avec un ton acide (encore). A quelques différences près : un personnage vraiment central cette fois (celui de Blanc) et des couples qui ne font pas que se croiser puisqu'ils font tous partie de la même famille.

Plutôt de bonnes surprises dans ce film : une Mélanie Doutey presque pas énervante, et surtout une mise en scène moins plan-plan qu'elle en a l'air et qui met en valeur un Michel Blanc hypocondriaque qui rappelle ses personnages de Grosse Fatigue et Marche à l'ombre. Gilles Lellouche est toujours exceptionnel, et les dialogues sont d'une horreur exquise, même si le moment le plus drôle du film reste un échange entre un grand-père et son petit-fils qui rappelle la phrase la plus drôle d'une autre comédie française, Prête-moi ta main, d'Eric Lartigau : si tu chiais sur la table, elle dirait "ah, elle a bien mangé !" Finalement, une bonne blague scato à l'américaine, y a rien de mieux.



Mon autre sortie UGC Illimité de la semaine m'a conduit devant le cru 2010 de Clint Eastwood.

Une mise au point d'abord : j'avais trouvé Gran Torino tout simplement extraordinaire, et les avis positifs que j'avais entendus des gens sortant du film avaient eu pour effet chez moi non pas de créer une attente, mais plutôt un a priori favorable. J'avais (vraiment) envie de l'aimer, ce film.

Bah non. Non, je suis désolé. Les effets poussifs, l'absence totale de nuance, l'Apartheid pour les Nuls, les ralentis, la musique de pleureuses, je dis non.

Des exemples d'effets poussifs ? J'ai compté pas mois de 6 plans avec hochement de tête approbatif (recherche subliminale de la même approbation chez le spectateur ?...) - et encore, j'ai un peu dormi, donc j'en ai peut-être loupé. Et c'est qui, déjà, le joueur néo-zélandais hyper rapide et dangereux ? Jonah comment ?... Parce que j'avais pas retenu son nom, ni qu'il fallait s'en méfier.

Faut dire qu'en même temps, il a beau réaliser au bulldozer, Eastwood n'a pourtant pas réussi à trouver de figurants convaincants pour interpréter des joueurs All Blacks ; on y trouve un mec qui doit pas être beaucoup plus grand que notre Président, et la plupart sont tellement gringalets qu'ils réussissent à faire ressembler le Haka à ça :



Autres détails du genre : pourquoi ils engagent systématiquement comme des tapettes, les hommes en noir ? Chester Williams, présent sur le terrain du côté Springboks lors de la finale en 1995 et crédité comme "consultant" dans l'encart "Réalisation" d'Allociné y serait-il pour quelque chose ?...

Dans Gran Torino, la réalisation sans concession d'Eastwood agissait comme un catalyseur sur un scénario qui n'avait pas peur du politiquement incorrect. Ici, elle est au service d'un message de tolérance au premier degré. On a l'impression de regarder Les Yeux dans les Bleus meets Titanic (vu qu'on connaît un peu la fin) mais qui finirait bien (enfin bien, ça finit par 20 minutes de rugby moyennement crédible, qui quoique bien filmé, ressemble plus à du Hockey sur glace tellement les joueurs se bastonnent hors phases de jeu).

Sauf qu'exactement comme pour la Coupe du Monde 1998, après laquelle tout le monde se sentait fier d'être de la nationalité de cette équipe victorieuse qui jouait à domicile, je me permets de douter de la pérennité d'un tel sentiment en Afrique du Sud après 1995. Et les flics qui prennent dans leurs bras le petit noir à la fin du film auront vite fait de le rappeler à l'ordre à coup de matraque une fois le soufflé retombé.

Vraiment, j'avais envie d'aimer Invictus. Je suis déçu d'avoir été déçu...

mardi 19 janvier 2010

Vi$ite au Mu$ée d'Or$ay

Alors oui, je sais, on va dire (Melle Tortue en tête) que mon blog ne me serre qu'à déverser ma bile et pousser des coups de gueule. Néanmoins, malgré un risque certain de passer pour un gros relou jamais content, ma visite (avec la carapacée demoiselle suscitée) du Musée d'Orsay à l'occasion de l'Expo consacrée au peintre belge James Ensor le week end dernier m'a encore donné des raisons de me plaindre. Je crois que j'aime bien ça, en fait.


A l'instar de Vicky et son 4-6, les dirigeants du Musée d'Orsay ont des idées en matière de marketing pourri à revendre.

Arrivés au guichet, Melle Tortue, âgée de 25 ans, bénéficie d'une entrée gratuite. Je m'étais renseigné auparavant, et le tarif qui aurait dû m'être appliqué s'élevait à 7€. J'ai eu le droit d'en payer 9,5. Motif ? "Nous ne vendons plus de billets pour l'exposition temporaire uniquement, seulement des billets pour l'ensemble du musée désormais", nous dit la caissière. Mouais.

Un sentiment de s'être fait un peu pigeonner fait surface. Nous nous dirigeons donc vers un desk, où des gens du musée nous donnent plus de précisions sur le pourquoi de ce changement soudain : "Alors en fait, ça rendait les choses compliquées, d'avoir deux genres de billets différents - une queue séparée à l'intérieur du musée pour l'expo, surtout. Donc pour simplifier, on a décidé que c'était une bonne idée faire raquer les gens un max." Quelle bonne idée, cette stratégie de pricing. Et surtout, ça se justifie hyper bien auprès des visiteurs, les employés d'Orsay ont l'air bien briefé...


Alors après l'expo Ensor (très intéressante, au fait, pour en dire un mot ; même si on peut lui reprocher de s'attarder un peu sur l'œuvre précoce du peintre mégalo en négligeant la période qui lui valut honneurs et reconnaissance, dommage pour les néophytes comme nous... à voir jusqu'au 4 février), nous décidons de nous balader, de profiter un peu de l'autre expo temporaire (Van Gogh/Gauguin, ultra succincte, on n'a vu que deux salles, faudra nous expliquer...) et des galeries présentant des toiles de Delacroix, Ingres...

17h45 : "Mesdames, Messieurs ; veuillez vous diriger vers la sortie, le musée ferme ses portes à 18h. Vous pouvez toutefois profiter de notre boutique jusqu'à 18h30." Tout simplement génial, fallait juste y penser.

vendredi 15 janvier 2010

Ça me démangeait


mardi 12 janvier 2010

Comme au Jack Rabbit Slim's, sans le Twist Contest

Aujourd'hui, nous recevons sur ce blog Jean-Pierre Pernaut, qui nous livre ce qu'on peut appeler un "coup de gueule", n'ayons pas peur des mots, contre la sandwicherie en bas de son taf.

Le Yorkshire n'est là que les mardis et les jeudis, sur rendez-vous.

Au 46 Avenue Marceau, dans le 8ème arrondissement de Paris, sied une échoppe au nom incongru : le 46 Avenue, le 4-6 pour les intimes. Tenu par la généreuse et charmante Vicky, ce haut lieu de la gastronomie surfe sur la vogue du "mieux-déjeuner", aussi connue sous le nom de la mode du "sandwich-qui-coûte-un-bras". Celle-ci consiste à s'installer dans un quartier plutôt chic, tant qu'à faire où des gens travaillent et ont la flemme d'aller à plus de 50 m de leur taf pour chercher de quoi se sustenter à midi et seront donc contraints d'accepter, la bouche en cœur, de débourser 6€ pour un bout de pain garni ; fort heureusement, pour cette modique somme, ce sont de véritables fantaisies culinaires en baguette qu'ils pourront goûter, généralement à base de roquette, de fromage frais et/ou de pignons (de pin).

Ainsi, vous trouverez chez Vicky des Choupas, des Sopranos, des Croqu'Génies, et même des Moundirs, qui s'intitulent de la sorte non pas parce qu'ils sont préparés à la machette mais parce que l'intéressé se rend régulièrement Avenue Marceau pour y déguster sa création originale à base de fonds d'artichauts.


Seulement voilà, un détail vient gâcher ce tableau idyllique : la tenancière du lieu elle-même. Si seulement son insupportabilité se bornait à son comportement ignoble à l'égard de ses employés, mais elle a visiblement ses têtes parmi ses clients (si vous ne portez pas de costard ou de fourrure, attendez-vous à un accueil finlandais).

Pire : elle va jusqu'à pousser le vice à la limite de la légalité. Je m'explique.

Avec en plus du sandwich une cannette à 2€, et un dessert généralement autour de 3€, on s'en sort généralement au 4-6 avec une addition à 11€. Je fréquente l'endroit depuis mon arrivée Avenue Marceau, soit depuis mai 2007. Et en 2 ans, elle n'a jamais jugé utile de rendre publique l'existence d'une "formule", au prix de 9,5€. La logique est somme toute simple : "si les gens savent que je propose une formule, ils risquent de la demander, et donc je perdrais 1,5€ par client ; si je la supprime, les gens qui viennent et la commandent risquent de ne plus venir ; conclusion : je la conserve, mais surtout j'en parle pas". A la limite de la légalité, en plein dans la malhonnêteté.

Alors après que j'ai poussé une mini-gueulante un jour, elle a miraculeusement affiché clairement la susdite formule. A un détail près : alors qu'elle incluait d'abord n'importe quel dessert, elle n'est vendue aujourd'hui qu'avec certains desserts ; lesquels ont un prix maximum de 1,8€. Faisons nos comptes : avec une canette toujours à 2€, la formule n'est donc "intéressante" pour un client que s'il prend un sandwich coûtant au moins 5,7€. Ce qui est le cas, j'ai compté, de 3 sandwiches sur 12 différents proposés chaque jour. Autrement dit, si vous ne faîtes pas gaffe, vous avez 3 chances sur 4 de vous faire niquer.
J'ai déjà vu une cliente japonaise commander une formule avec un sandwich à 6€ changer d'avis pour un sandwich à 5€. On ne lui a pas fait remarquer, elle a payé sa formule plus cher que le prix de chaque élément séparé.
Inversement, si vous prenez le contenu d'une formule (dont un sandwich à 6€) sans préciser que c'est une formule, on vous facturera la somme des prix de ce que vous avez choisi.


J'invite donc (et ils sont nombreux) tous les lecteurs de ce blog qui travaillent dans le marketing à réfléchir à ce cas tout à fait intéressant de pricing qui défie toute logique et d'absence totale de fidélisation, puisque le client n'a pas l'air échaudé par la manigance ou les mauvais traitements - il est tous les midis toujours aussi présent devant sa cantine.

mardi 5 janvier 2010

Métr♥ - B♥ul♥t - D♥d♥

C'est pas moi qui le dis : de nombreuses études ont montré qu'en France, la relation qu'on entretient avec son boulot présente très fréquemment (toujours ?...) une composante affective forte.

Mais j'ai envie d'aller plus loin. Certes, la récente officialisation de mon souhait de me casser de mon taf actuel pourrait sans doute laisser croire que ma prise de conscience en est concomitante. Mais l'analyse que j'ai menée est bien antérieure. Et je suis parvenu à cette conclusion dès mes tous premiers stages : le monde professionnel et notre vie amoureuse se ressemblent terriblement. En voici quelques exemples frappants.


- Au commencement, il y a l'individu en recherche d'un emploi, qui a tout du célibataire en quête d'une relation. On parle bien de misère affective, d'ailleurs. Tous deux fréquentent des groupes susceptibles de les aider et des lieux qui sauront combler leurs manques (le pôle emploi, les boîtes de nuit, les séminaires de jeunes diplômés, les bars où speed-dater...), et internet leur a ouvert de nouvelles perspectives.


- Puis vient la première rencontre. En date comme en entretien, on sort tous ces atouts, on séduit, on charme, on essaie de donner envie : l'essentiel est de concrétiser. Mais on est parfois obligé de les enchaîner avant de trouver la perle rare - et surtout de lui taper dans l'œil à elle...

Déjà tout jeune, Claude Allègre avait compris qu'il ne fallait 
pas hésiter à dire le fond de sa pensée pour se faire remarquer.

- Heureusement, on nous propose un jour de construire quelque chose, ensemble. On peut appeler ça un CDI, une long-term relationship, un mariage, l'idée reste la même : nous voulons qu'on nous fasse confiance, mener à bien des projets (construire une maison de plain pied, démanteler une centrale nucléaire, pondre un chiard...). Malheureusement, on a parfois droit à des "je cherche pas de truc sérieux mais je vais un peu abuser de toi quand même", "je préfère te le dire tout de suite, je suis plus en mode sex-friend", ou "je t'aime/je t'aime plus/je t'aime/je t'aime plus" : on nous offre alors un stage, un temps-partiel ou un contrat en alternance.


- C'est fâcheux, mais vient inévitablement (au bout de 3 ans) le moment où on se demande pourquoi on reste ensemble alors que le cœur n'y est plus. Par habitude ? Par peur du changement ? Pour le confort ? C'est alors que commencent nos premières infidélités. On flâne d'abord sur les sites de cul ou sur Linked-in, on se met à regarder plus attentivement les relationship status de nos amis sur facebook ou les pages d'annonces toutes compactées  dans Télérama ou Le Point... C'est le début de la fin.

- Reste à annoncer la nouvelle. Parfois ça se passe bien - l'autre est même soulagé, car lui-même avait "quelque chose à nous dire..." Attention toutefois, il faut bien choisir ses mots ("c'est pas toi, c'est notre relation qui me va plus") si on ne veut pas se retrouver devant le juge, ou tout simplement passer un mauvais moment.



Et pour la route, un petit lien et puis un autre.

jeudi 31 décembre 2009

My own private cine retro, Part. 3

Bon, et pour finir, et parce que c'est quand même vachement plus marrant (et facile) de cracher sur ce qu'on n'aime pas que d'encenser ce qu'on aime, voici le Top 7 des horreurs 2009.



7ème : Humpday (vu le 29 septembre, au Mk2 Quai de Loire)
Archétype du film indépendant américain, Humpday raconte l'histoire de deux meilleurs potes qui se lancent le défi de coucher ensemble pour se prouver leur amitié. Finalement, ils baissent les bras, et le spectateur aussi devant tant de vide occupé par des dialogues horriblement mal post-synchronisés.


6ème : L'Etrange Histoire de Benjamin Button (vu le 21 février, à l'UGC les Halles)
Nominé 13 fois aux Oscars 2009 et finalement reparti avec 3 statuettes dans des catégories comme "meilleur maquillage" ou "meilleurs effets visuels", Benjamin Button... est un des films qui s'est avéré le plus décevant cette année. Après avoir été sur-vendu et rendu ultra attendu ("le nouveau Fincher plein d'effets spéciaux hallucinants avec Brad Pitt"), cette Etrange Histoire est finalement un enchaînement de scènes retouchées assemblées par un réalisateur qui se regarde filmer, persuadé de pondre là un chef d'oeuvre, alors qu'en y songeant 2 secondes : s'il n'avait pas été réalisé par Fincher, avec ce casting et cette qualité de maquillage/images retouchées, ça serait juste un navet irregardable - la réflexion pseudo-philosophique "et si je commençais ma vie par la fin" est quand même assez rapidement trappée, reste une bluette entre Blanchett et Pitt...
En d'autres termes, si on nous l'avait pas rendu désirable, la seule impression qu'auraient gardée les spectateurs de ce film aurait été : "tu l'as vu, ce nanar où Brad Pitt joue un vieux dans un corps de bébé ?" (mais je veux bien ouvrir les paris sur le regard qu'on portera dessus dans 5 ou 10 ans...)




5ème : Micmacs à tire-larigot (vu le 2 novembre, au Mk2 Quai de Loire)
Bon, cf. ici, pas grand chose à rajouter.


4ème : Le Petit Nicolas (vu le 20 octobre, au Mk2 Quai de Loire)
Plus de 5 millions d'entrées, avec on l'imagine un coefficient Paris/Province classique pour ce genre de films, Le Petit Nicolas est une vaste blague. On y va avec le souvenir (pas forcément lointain, grâce aux sorties récentes d'histoires inédites) de la verve du personnage de Goscinny. On en ressort comme floué, ayant assisté à un festival de blagues Carambar, de références et clins d'oeil lourdauds et ineptes, et surtout atterrés par un petit acteur principal fade, qui nous dit en conclusion que son but dans la vie est de "faire rire" alors qu'il a été transparent pendant 1h30. Et dire que Chabat est censé avoir co-signé les dialogues...


3ème : Le Bal des Actrices (vu le 7 février, au MK2 Quai de Seine)
S'il est une chose que j'abhorre de la part d'un auteur ou un artiste, c'est l'auto-flagellation : "je laisse entendre dans mon oeuvre que celle-ci est mauvaise ou pourra être jugée comme telle ; ainsi, si le public ne l'aime pas, je pourrai dire 'mais je vous avais dit que c'était à chier', et s'il l'aime bah tant mieux pour ma pomme".

Maïwenn Le Besco pense ainsi faire preuve de modestie, mais ce sont généralement les réalisateurs les plus prétentieux qui osent ce genre de malhonnêtetés intellectuelles. Son film est juste brouillon, intello et franchement chiant : sans véritable scénario, il tourne à vide, la seule idée un peu intéressante du film étant de faire chanter des actrices (attend, y avait pas un film qui s'appelait 8 Femmes, un truc comme ça ?...), dont la vie, ô les pauvres, n'est décidément pas facile ("je dois gérer mon image de femme publique, mon statut d'icone, d'objet de désir, d'objet tout court pour mon réalisateur - sauf quand c'est Maïwenn, parce que là c'est ma copine, c'est pas juste un pygmalion -, mais aussi celui d'amoureuse, de fille ou de maman").
Néanmoins, le plus détestable, c'est que la demoiselle pense avoir acquis une légitimité en tant que "réalisatrice torturée", alors qu'elle ne reste pour moi qu'une actrice à tronche chelou bonne à jouer des chanteuses lyriques extra-terrestres.




2ème : The Reader (vu le 25 juillet, au Mk2 Quai de Loire)
Sans doute une des plus belles arnaques de l'année. Un truc à souhaiter que Julien Courbet anime Le Cercle sur Canal, avec Maître Berges parmi ses critiques.
- Un récit qui se déroule en Allemagne mais tourné en anglais : comme si la langue n'avait aucune importance, et les dialogues non plus d'ailleurs.
- Kate Winslet qui se retrouve vieille à la fin et jouant un personnage "qu'on-croit-qu'il-est-méchant-mais-peut-être-qu'en-fait-elle-a-juste-quelque-chose-à-cacher-oulala-qu'est-ce-que-ça-peut-bien-être-?" : forcément, bam, un oscar.
- Un scénario lourdingue, qui t'explique en te prenant par la main, débile petit spectateur, ce qu'il faut comprendre à chaque scène et globalement du film (de mémoire, le professeur de lettres de Michael Berg explique que "ce qui définit la littérature européenne contemporaine, c'est ce que les personnages ne révèlent pas au lecteur ni aux autres personnages" et que "c'est ce qui fait avancer l'intrigue de chaque oeuvre" ; merci Stephen Daldry, on n'avait pas compris que tu nous parlais de ton film, en fait...), au service d'une mise en scène aussi bouleversante que celle d'un épisode de Derrick.
- Et le fin du fin, c'est qu'à cause des raccourcis pris sur le bouquin (d'après ce que j'ai entendu à droit à gauche, je confesse ne pas l'avoir lu), le discours qui est tenu est tout simplement scandaleux : les Nazis n'étaient pas Nazis par choix, mais par nécessité ; pire, les coupables des crimes les plus odieux seraient juste illettrés - et donc pas vraiment responsables. Je ne pensais pas que ça pouvait arriver, mais je viens de gerber cognitivement dedans ma tête.




And La Bouse d'or 2009 goes to : Slumdog Millionaire (vu le 17 janvier, à l'UGC Les Halles)

Je m'autorise exceptionnellement à recycler une petite note que j'avais publiée au moment de la sortie du film - mais dont j'assume toujours chaque mot.



Pourquoi Slumdog Millionaire est-il encensé de toute part ?

A : Parce qu’il permet d’avoir bonne conscience (j’ai aimé un film qui n’était pas tout à fait américain, y a des Indiens pauvres en plus dedans…)
B : Parce que les journalistes américains d’une part n’ont pas beaucoup de bons films à voir, donc même un film passable est tout de suite porté aux nues (et se retrouve triomphant aux Golden Globes), et que les spectateurs d’autre part ont parfois tendance à s’emballer sur des films sans trop réfléchir (21 Millions de Ch’tis, vive la France)
C : « Parce que c’est Danny Boyle, tu comprends, le mec qui a fait Trainspotting et après a oublié son amour-propre au profit de ses producteurs, et le scénariste de Full Monty, qu’on sait pas trop ce qu’il a foutu depuis 1997… »
D : La réponse D (désolé, je suis à cours, je me l’explique pas trop en fait ce succès…)

Serais-je donc le seul à avoir senti la supercherie ? Personne pour lever le(s) lièvre(s) ?? Tout le monde (enfin, les journalistes et une grande partie du public), tous dupes ???

Hier soir, comme toute la salle de l’UGC des Halles, me suis retrouvé face à la nouvelle pub de Dany Boyle.

Oui oui, une pub. De par le style, d’abord, qu’on cherche encore près de 15 ans après Petits meurtres entre amis, chez le réalisateur britannique, toujours aussi hystérique. Bon, se retrouver au 3e rang, ça aide pas, mais je pense que même sur un écran d’iPhone ça l’aurait pas plus fait… Mais sa seule patte finalement ne se résumerait-elle pas uniquement à un montage très cut et une tentative incessante d’en mettre plein la vue au spectateur ? (nb : pas de méprise, Trainspotting et même Une vie moins ordinaire ont longtemps fait partie de mes films de chevet, j’ai juste dû grandir un peu…)

Mais il aura certainement échappé aux quidams un détail. Le film est co-produit par une société nommée Celador. Et Celador, je vous le donne en mille (ou plutôt en millions), n’est autre que la société productrice de… ‘Who wants to be a millionaire?’ Autrement dit, ce qui pourrait passer pour une œuvre de création artistique de la part du Golden Globisé (!!!) scénariste de Full Monty Simon Beaufoy n’apparaît en fait que comme un formidable écrin pour faire parler (si toutefois il était encore besoin d’en faire la publicité), ou plutôt de transmettre une image reluisante d’un jeu télévisé dont la seule originalité réside dans sa mise en scène (je vends des formats de jeu tv, donc je sais de quoi je parle : en matière de mécanique, y a pas plus pauvre si on oublie ‘A prendre ou à laisser’…).

Et quand on y réfléchit, ce jeu n’est-il pas un prétexte à raconter l’incroyable histoire de ce jeune homme, que tout aurait dû conduire à l’échec et à qui la vie finit par sourire ? Dans ce cas, n’est-il pas quelque peu gênant de devoir avoir recours aux questions qui lui sont posées pour souligner le caractère extraordinaire du parcours du jeune homme ? Autrement dit, QVGDM n’est-il pas superflu ? On peut d’autant plus se poser la question que l’argent n’est pas la motivation première du personnage…mais dans ce cas, où est l’intérêt de situer ce personnage au plus bas de l’échelle sociale indienne ?

On oubliera quelques autres incohérences (la dernière question, le choix du frère…), et puis bon, on se dira, de même que quand on éteint la télé après avoir regardé Foucault : ‘mais qu’est-ce que j’ai foutu devant cet abjecte spectacle pourtant si divertissant, où ceux qui gagnent le plus ne sont pas ceux qu’on croit ?’…

Et oui, c’est mon dernier mot, Jean-Pierre.

mardi 22 décembre 2009

My own private cine retro, Part. 2

La projection d'Avatar dimanche soir l'a quelque peu modifié, mais j'ai le plaisir de livrer mon Top 20 de 2009 (sous réserve de vision de Max et les Maximonstres la semaine prochaine...). Les heureux vainqueurs sont :

1er : Gran Torino (vu le 25 février, à l'UGC Normandie, puis le 4 avril au Mk2 Odéon)
Clint Eastwood a l'habitude de livrer de grands films, mais dont le défaut majeur est qu'ils sont filmés comme s'ils étaient faits pour être a priori des chefs d'oeuvre : Million Dollar Baby en tête, Sur la route de Madison ou Mystic River sont d'excellents films. Mais aucun n'a la sincérité, la spontanéité et la force de cette fable sur la transmission et la tolérance, qui évite le politiquement correct et permet au nouveau commandeur de la Légion d'Honneur de se moquer de sa propre image. Sans doute le meilleur film que j'aie vu ces dernières années.




2ème : Un Prophète (vu le 29 août, à l'UGC Les Halles)
La claque visuelle du Grand Prix du Jury Cannois 2009 est impressionnante. Jacques Audiard est sans conteste le meilleur réalisateur français en activité, et nul doute qu'après le Louis Deluc reçu ce mois-ci, les Césars ne le louperont pas, sans parler des Oscars. Souhaitons-lui plus de chance qu'à Marion Cotillard...




3ème : Inglorious Basterds (vu le 19 août, au Mk2 Quai de Loire)
Le message d'amour de Tarantino au 7ème art. Avec une thèse plutôt pertinente : peu importe la langue que l'on parle, le cinéma est un langage universel assez fort pour inventer une version fantasmée de l'Histoire. Un plaisir qui ne se boude pas.




4ème : Toute l'histoire de mes échecs sexuels (vu le 30 mai, à l'UGC Les Halles)
Une excellente surprise, sans prétention : un vrai/faux docu, qui comme son titre l'indique évoque les difficultés d'un jeune réalisateur (Chris Waitt) à entretenir des relations amoureuses qui marchent. Drôle, frais et attachant.




5ème : Il Divo (vu le 2 janvier, au Balzac)
Comment rendre un film sur l'histoire de l'homme politique italien Giulio Andreotti sexy ? Il suffit de confier sa réalisation à Paolo Sorrentino, avec ses figures de style Tarantinesques, et sa B.O. modernement décalée (Toop Toop de Cassius sur un récit se déroulant dans les 70's, fallait oser), et le tour est joué. Prix du Jury Cannes 2008.




Et puis bon pour la suite, on va pas tous se les raconter :

6ème : Là-Haut, de Pete Docter & Bob Peterson (vu le 1er août, à l'UGC Bercy)
Pour les chiens.

7ème : Jusqu'en enfer, de Sam Raimi (vu le 7 juin, à l'UGC Les Halles)
Pour le chat.

8ème : Les Beaux gosses, de Riad Sattouf (vu le 11 juin, au Mk2 Quai de Loire)
Pour les coupes de cheveux.

9ème : Avatar, de James Cameron (vu le 20 décembre, à l'UGC Odéon)
Pour les Na'vi (note de blog in progress)

10ème : Whatever works, de Woody Allen (vu le 1er juillet, au Mk2 Quai de Loire)
Pour Larry David.


Pour la route :
11ème : The Wrestler, de Darren Aronofsky (vu le 13 mars, aux 3 Luxembourg)
12ème : Le Ruban blanc, de Michael Haneke (vu le 15 novembre, au Mk2 Quai de Loire)
13ème : Panique au Village, de Vincent Patar & Stéphane Aubier (vu le 7 novembre, au Mk2 Hautefeuille)
14ème : Harvey Milk, de Gus Van Sant (vu le 5 avril, au Grand Action)
15ème : Etreintes brisées, de Almodovar (vu le 23 mai, au Mk2 Quai de Loire)
16ème : Very Bad Trip, de Todd Phillips (vu le 6 septembre, au Mk2 Bibliothèque)
17ème : Fish Tank, de Andrea Arnold (vu le 13 octobre, au Mk2 Quai de Loire)
18ème : In the Loop, de Armando Iannucci (vu le 28 novembre, à l'UGC Odéon)
19ème : Les Noces rebelles, de Sam Mendes (vu le 13 février, à l'UGC Les Halles)
20èmes ex aequo (rajout d'Avatar oblige...) : District 9, de Neill Blomkamp  (vu le 22 septembre, au MK2 Quai de Loire) & Mary et Max, de Adam Elliot (vu le 8 octobre, au Mk2 Quai de Seine)

La suite prochainement...

lundi 21 décembre 2009

We love to hate

Deux infos médias sont tombées aujourd'hui. Une était attendue depuis plusieurs semaines, c'est le résultat des charts anglais, qui semblent couronner Killing in the name, de Rage Against The Machine comme single le plus téléchargé de la période pré-Noël en Grande-Bretagne.



De nombreux blogs - et mêmes des journalistes sérieux... - ont commenté la nouvelle, et tout ce qui peut être dit sur ce buzz parti de Facebook l'a été, notamment que ça ne cause pas vraiment de tort à Simon Cowell, boss de Sony-BMG au Royaume-Uni car RATM sont eux-mêmes une signature Sony US (Epic pour être précis). Je remarque une chose néanmoins : ce sont avant tout les charts et les iTunes en tous genres qui sont gagnants, puisqu'au lieu d'un Best seller pour les fêtes, ce sont deux titres qui cumulent à eux seuls près d'un million de téléchargements... Ça prouve par ailleurs que les gens sont prêts à acheter de la musique sur le net, quoiqu'ils en disent dans les sondages.



Mais l'autre nouvelle du jour, c'est cette étude (réalisée par TNS-Sofres/Logica pour Europe 1) par le biais de laquelle on a demandé aux téléspectateurs français "quelles émissions tv ils ne souhaitaient plus voir en 2010 ?"

Outre les résultats prévisibles (Secret Story, programme le plus suivi cet été et requête numéro un de Yahoo en 2009, arrive en tête avec 63% des votes, devant deux autres blockbusters, Nouvelle Star et Koh-Lanta), c'est l'incongruité de la question que je trouve frappante : si on ne veut pas/plus voir une émission, on n'a qu'à ne pas la regarder, non ?

Et c'est ce qui rapproche ces deux faits divers, finalement : qui a dit qu'il fallait céder aux sirènes du marketing-matraquage radio/tv et consommer tout ce qu'on nous présente comme évènementiel ? Si une émission ne nous plaît pas, qu'on ne trouve pas de talent à un artiste, rien ne nous oblige à la regarder ou à l'écouter. Dans tous les cas, ça n'est pas en achetant un disque concurrent ou en demandant (passivement puisqu'en réponse à un sondage) le retrait d'une émission qu'on améliorera l'offre des médias de masse : leur objectif affiché n'a jamais été et ne sera jamais de viser la qualité... Il y a pléthore d'offre en musique, télé, ciné, médias : les consommateurs mécontents feraient mieux de donner leur chance à ces acteurs marginaux, mais sans râler après ce qui marche commercialement. Think positive, guys. Et même si vous êtes saoûlés par sa promo ultra agressive, allez voir Avatar, qui aura certainement droit à sa note de blog tellement c'est magiquement chouette.