Affichage des articles dont le libellé est Marketing. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Marketing. Afficher tous les articles

mardi 12 juillet 2011

Et maintenant, une page de publicité

Je suis un grand fan de la campagne de pub pour les Mini rochers Suchard ("petits, mais ils s'en moquent"), même si visiblement un des films, un peu trop audacieux, et qui faisait référence à L'Origine du monde de Courbet, a fait les frais de probables plaintes de spectateurs malgré sa seule présence sur internet ; heureusement, même si elle est absente de la page facebook de la marque, on peut encore la trouver ici, par exemple.

A l'instar des productions animées du Studio Pixar, ce que j'apprécie par dessus-tout dans ce type de démarches, c'est le choix de miser sur l'intelligence du public - oui, je suis comme ça, j'aime bien qu'on me flatte.

Malheureusement, la plupart des pubs que l'on peut voir aujourd'hui semblent encore tout droit sorties de l'imagination des publicitaires moqués par les Inconnus dans leur grand classique dont est issue la fameuse réplique "il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont" :


Certains ont cependant décidé de pousser le curseur du vice un cran plus loin. Non contents de prendre les gens pour des cons, ils ont décidé qu'il fallait faire passer un message laissant entendre que si vous n'adhérez pas à la philosophie de la marque, vous êtes doublement cons.

Ces génies de la com', c'est McDonald's. J'en veux pour preuve les trois chefs d'oeuvre de psychologie suivants, que vous avez sans doute déjà vus et dont les deux premiers ont été réalisés par un monsieur qui vient de baisser d'une bonne dizaine d'étages - genre 4 m de hauteur sous plafond minimum - dans mon estime, puisqu'il s'agit de Jacques Audiard. Aouch.


Quelle débile, cette Madame. Heureusement qu'il y a la voix à la fin pour lui ré-expliquer - ah non, pardon, elle l'entend pas, elle.


Celle-ci, elle est plus sournoise à différents égards. Déjà parce qu'elle sous-entend qu'en plus d'être cons, les gens qui n'ont pas eu l'immense joie de bosser chez McDo pendant leurs études sont empotés, pas débrouillards, mais en plus sont un peu moches et petits. Mais aussi et surtout parce que si je suis bien, de deux choses l'une : soit son équivalence Bac + 3 chez McDonald's, la jeune fille s'en fout, vu qu'elle a l'air d'avoir décroché un diplôme du genre Master de Sup de Co ; soit en gros, le big M nous incite pour valoriser cette formidable équivalence à laisser tomber nos études pour devenir manager de resto - et chacun sait qu'ils sont pléthore rapportés au nombre d'employés de base...

Pour finir, la petite dernière, un grand classique en mode "mes parents sont vraiment des maxi-cons, je vais aller me bouffer un maxi-best of en sortant pendant 3/4 d'heure et ils vont rien cramer (mais ma grosse conne de mère aura quand même eu le temps de s'endormir)."


Priceless.

mardi 19 avril 2011

L'Empire du soleil du milieu

Comme nous, j'imagine que vous retrouvez régulièrement des menus de restos "japonais" dans vos boîtes aux lettres. Généralement remplis de fautes de typo et d'accords, ils trahissent parfois, avec leurs nems et autres Tsingtaos, une identité nippone aussi affirmée que le statut de star américaine d'Afida Turner.

Un dépliant a plus particulièrement retenu mon attention il y a peu. Il faut dire que c'est une pépite.

Première page.


Ok, ça nous arrive tous de taper rapidement, et le "h" est pas loin du "u" sur un clavier. Mais franchement, quand il s'agit du nom de ta présentation ou de ton resto, tu te relis. Surtout que c'est pas facile à prononcer, "shshi".

Concernant la chinoiserie de l'entreprise, un premier détail qui ne trompe pas : la réduction de 12% sur "emporter". Pas 10, trop peu, pas 15, faut pas déconner.

Pour ne pas qu'on m'accuse de préjugés d'anti-chinoisisme primaire, je vous propose le dos du prospectus. En deux parties.


Si je me permets de mettre en doute l'authenticité des shshis de Top shshi, c'est qu'on a droit à de grosses ristournes chez Kangnai, chaîne de magasins de chaussures qui a pignon sur rue à Paris. Personnellement, j'y ai déjà fait un achat, et j'en étais plutôt content, notamment parce que les pompes y étaient pas trop chères. Et au vu des promotions offertes, je soupçonne Top shshi d'être plus ou moins lié à la marque : à - 40% (!) pour 45 € de shshis achetés, on se rembourse intégralement ses shshis à partir de 112 €, ce qui est un prix raisonnable pour des groles. Et en plus on n'a plus faim. Ils sont forts, ces Chinois.

Et un petit bonus pour la fin :

lundi 28 mars 2011

Aujourd'hui, on n'a plus le droit, d'avoir faim - ni d'avoir froid

Le printemps, c'est chouette. Il fait beau, les arbres sont en fleurs, les filles ressortent leurs jupes.

Seule ombre au tableau : c'est le retour des pigeons sur ces mêmes arbres en fleurs, et donc du salopage de mon scooter. Mais à part ma cavalière de deux roues et moi-même, ça ne fait pas chier grand monde.


Ce qui est regrettable en revanche pour 50% des Français (chiffres Harris Interactive, commandités par moi-même, donc hyper fiables), dont 90% de sexe féminin, c'est que contrairement à l'été, le printemps ne dispose pas de soldes d'été.

Heureusement, Alexandra Obolensky a pensé à tout. Mais qui diable est Alexandra Obolensky ?

Actuellement visible dans l'exceptionnel Carré ViiiP (oui, parce que chez TF1, un maximum de "i" dans un nom d'émission est gage de succès d'audience - cf. Confessiiions Iiintiiimes, Quiii veut gagner des miiilliiions ?,...), la jeune fille a fait ses armes dans la deuxième édition de Secret Story, toujours sur TF1.
Voici ce que nous raconte Wiiikiiipediiia à son sujet : "Alexandra, de son vrai nom Marie-Alexandra Obolensky (29 novembre 1986) : Fille d'Alain Obolensky et Petite-fille d'Alexander Obolensky, descendant du tsar Ivan IV de Russie (...)". Son secret dans l'émission qui nous a permis de la découvrir (merci Endemol) ? Elle est "princesse".

Nous avons donc affaire à une personne qui, selon toute vraisemblance, ne doit pas souffrir de gros soucis financier.

Pourtant, le 24 mars dernier dans L'Edition Spéciale sur Canal, la Grande Daphné Burki, prêtresse de la mode et des tendances de nous les jeunes, présente le site People Fripe, avec en grosse photo derrière Miss Obolensky (accessible - le site, pas la demoiselle - en cliquant sur l'image qui suit).



Le pitch : des éléments de garde-robes de stars mis en vente au profit d'œuvres caritatives.

La réalité : ...

Première chose, Alex (tu permets que je t'appelle par ton petit nom ?) : Laurie Cholewa, toi-même (!) ou Mickaël Cohen-Miro, je ne suis pas sûr que ça fasse rêver les masses. Qui plus est, si tu cherches à refiler tes robes "abricot" H&M  ou "rayure multicolore" chut-chut-pas-de-marque pour 4 fois leur prix (199€ en achat immédiat), ça risque de se voir que tu cherches à arnaquer les gens.

Après, nous passerons les liens vers les bios des "stars" qui ne fonctionnent pas, les fautes d'orthographe ("Benoit Peolvoord" va adorer), car il y a bien plus choquant. En page d'accueil, tu annonces avoir déjà levé l'astronomique somme de 989€ pour les associations. Penchons-nous un peu plus sur le fin business model que nous propose ton site dont le but est, ou en tout cas devrait être a priori, pas lucratif. Ou pas.

Pour rappel, voici les conditions générales d'Ebay concernant les commissions retenues sur les ventes :


Et maintenant, jetons un œil à TES conditions générales de vente :


Une analyse en plusieurs étapes s'impose :

- Petit 1 : tu prends un poil plus cher qu'Ebay ; en même temps, quand c'est pour vendre tes fringues, tu t'en fiches un peu, c'est vrai...

- Petit 2 : tu as bien regardé ton barême ? Tu penses sérieusement que des honnêtes gens (oui, parce que ça s'adresse à eux j'ai cru comprendre) vont mettre plus de 50 000€ dans un t-shirt Abercrombie & Fitch, même s'il a été porté par  - pardon : alors qu'il a été porté par Tomer Sisley ?...

- Petit 3 : si on lit bien, tu nous dis que "La personnalité s‘engage à reverser un minimum contractuel de 20% de ses gains à l’œuvre caritative de son choix. Cependant, la plupart des donneurs reversent 100% de leurs gains aux œuvres caritatives. Dans un souci de transparence, PeopleFripe mettra à jour tout les mois le montant des dons ainsi reversés à travers un compteur de dons. Pour les stars et les people, c'est ainsi l'occasion de concrétiser leur générosité. En effet une partie des bénéfices sera redistribuée à l'association de la célébrité en question ou à nos partenaires exclusifs tels que AIDES, La Ligue contre le Cancer ou La Croix Rouge." 20% minimum, 100%, une partie ? Je te suis plus, là, Alex, faut que tu m'expliques. Surtout que si tu ne fais que nous donner le montant reversé sans nous dire la part des gains que cela représente, ça risque de pas beaucoup nous parler...

Bref, j'espère que tu auras réussi à te faire un peu d'argent de poche grâce à ton super site pendant tes jours de présence publicitaire sur TF1. Les temps sont durs, même pour les princesses. Et le printemps n'est-il pas la saison des pigeons ?

- bonus : le site et le compte twitter -

lundi 14 mars 2011

Une mise au point nécessaire

Quand on cherche du taf, même si on essaie de conserver une vie sociale, on est généralement cloîtré chez soi une bonne partie de la journée.

Cette assignation à résidence n'a cependant pas que des inconvénients. Ainsi, on devient super au taquet sur la plupart des sujets d'actualité. Interrogez-moi par exemple sur la position des lignes de front en Libye, la quantité de radiation reçue par les habitants résidant à proximité de la centrale de Fukushima ou l'analyse politique en profondeur des révolutions arabes par BHL, vous ne me collerez jamais.

Nonobstant, il est un autre domaine dans lequel on peut acquérir une expertise sans égal : les pubs télé.

Ce soir, sur Canal +, à 18h47, j'ai vu. Au début, je n'y ai pas cru. Et puis après un tour sur internet et une deuxième vision, il m'est apparu très important de présenter ici et d'analyser l'objet, car il y a fort à apprendre si l'on veut un jour travailler en agence.


1. Une mise au point importante pour commencer : malgré les apparences et les idées préconçues, une publicité, ça n'est pas un film Disney, et inversement. C'est pourquoi préparer de la purée, même en flocons, tout en se comportant comme Jack, Gus et les autres, ça a beau avoir l'air super fun sur le papier, c'est tout simplement ridicule.

2. Ensuite, même si la réalisation d'un film publicitaire ne comporte pas les mêmes enjeux artistiques qu'un film de cinéma, c'est quand même pas mal de caster des acteurs compétents : dès la première seconde, le gamin arbore un sourire tellement crispé qu'on ne sait même pas comment il va réussir à fermer la bouche pour bouffer sa purée. Quant à la sœur, elle semble comprendre ce qu'il est en train de se passer uniquement au moment où sa mère la regarde quand elle chante en remuant - mais peut-être est-elle sourde-muette, d'où son absence de participation à l'engouement général pour la purée.

3. C'est quand même très déstabilisant de commencer une pub avec un ton old school assumé (qui aujourd'hui, à 13 ans, continue de faire des "petit(s) volcan(s) pour mettre...le jus dedans" ?) pour terminer sur une performance vocale de Toni Braxton dans le corps d'une fille de 4 ans. Surtout que vues la maîtrise du chant du père et la gueule de blondasse de la mère, je pense que soit elle a été adoptée, soit elle est battue par ses parents et aime venir faire des vocalises chez les voisins quand ils mangent de la purée (pour décompresser).

4. La conclusion est sans appel : personnellement, en dépit du message, j'ai un peu peur de ce qu'il peut y avoir dans la purée mousline.

mercredi 2 mars 2011

Quoïncidence ?

On apprend aujourd'hui que le gérant du Quick d'Avignon où un adolescent avait mangé en janvier avant de décéder d'une intoxication alimentaire a été mis en examen.

Comme par hasard, on a droit, 5 jours après la vidéo ci-dessous, à une campagne d'affichage massive.


Je me suis permis de fignoler le travail du graphiste, qui avait vraisemblablement oublié une partie du texte de l'agence de pub.


Bon appétit.

lundi 22 mars 2010

je suis perplexe.

Elles ont fleuri dans les couloirs du métro, ces affiches :


Néanmoins, j'ai comme l'impression que l'imprimé du T-shirt de la jeune fille ci-dessous est incomplet.


Je soumets donc les propositions suivantes :
- ...Rousse un peu chelou.
- ...Jeune femme avec un sérieux problème de poids.
- ...Meuf avec le bassin d'une fille de 8 ans.
- ...Prom Queen sur le point de se prendre un seau de sang sur la gueule.

mercredi 10 mars 2010

Je suis tout émotionné

Bienvenue dans un monde où la diction est optionnelle, le lipdub approximatif et la cible considérée comme un gros groupe de débiles légers.


Et dire qu'il ne leur a fallu que 2 ans de R&D pour arriver à ce bijou de technologie, qu'il m'a été donné de découvrir en bannière sur deezer, au lieu de la classique pub qui ne fait que te remontrer des produits que tu voulais juste regarder sans forcément les acheter. Bravo, les gars.

mardi 2 mars 2010

Nouvelle Citroën 206

Les fans s'insurgent contre l'utilisation commerciale de leur idole (ils devraient surtout s'insurger contre Yoko Ono, mais bon, j'dis ça...). Personnellement, je suis scandalisé par la publicité mensongère.


Sans déconner, vous voyez la différence entre ces deux caisses ? Moi pas...


It happens like that at McDonald's

Une bien jolie faute anglicisante s'est glissée dans la nouvelle déco du McDo des Champs Elysées, sauras-tu la retrouver ?...

(Réponse en cliquant)

jeudi 18 février 2010

Elastiqueberstein

Ça n'a choqué personne, ces affiches dans le métro ?


Parce que j'ai essayé, et à moins d'avoir un bras gauche 10 cm plus long que le droit, je vois pas comment on peut être à l'aise dans une pose pareille (et pourtant je parle en connaissance de cause, je suis hyperlaxe...).

mardi 9 février 2010

No Milk Today

Aujourd'hui, une (autre) note laitière : nouvelle leçon de marketing, plus précisément de pricing pour les nuls.

Tu vois, ça, c'est 3 bouteilles de lait. Je les ai trouvées au Franprix (les trois dans le même, sinon ça compte pas) rue de Poissy, dans le 5ème arrondissement de Paris, il y a une semaine.

La première, c'est une bouteille d'1L. Elle a subi une "baisse de prix", elle est vendue 94 cts.


Et ça, c'est une bouteille d'1/2L. C'est pas mal, quand on est 2, pour dépanner. Elle aussi a connu une "baisse de prix". Et bien tu devras quand même débourser 95 cts pour en faire l'acquisition. Logique.


Et puis, il y a la mignonnette. La mini-bouteille, celle des célibataires, qui ne veulent pas gâcher, parce qu'ils savent qu'ils ne boiront pas leur demi-litre ou leur litre. Pour ceux-là, Franprix a tout prévu (sauf la baisse de prix) : elle ne coûte que 99 cts.


Cette note est dédiée aux producteurs de lait, à qui on peut souhaiter une très belle année 2010...

dimanche 31 janvier 2010

Los Ange-lait-ce



(Merci à Melle Tortue pour son inspiration)

mardi 19 janvier 2010

Vi$ite au Mu$ée d'Or$ay

Alors oui, je sais, on va dire (Melle Tortue en tête) que mon blog ne me serre qu'à déverser ma bile et pousser des coups de gueule. Néanmoins, malgré un risque certain de passer pour un gros relou jamais content, ma visite (avec la carapacée demoiselle suscitée) du Musée d'Orsay à l'occasion de l'Expo consacrée au peintre belge James Ensor le week end dernier m'a encore donné des raisons de me plaindre. Je crois que j'aime bien ça, en fait.


A l'instar de Vicky et son 4-6, les dirigeants du Musée d'Orsay ont des idées en matière de marketing pourri à revendre.

Arrivés au guichet, Melle Tortue, âgée de 25 ans, bénéficie d'une entrée gratuite. Je m'étais renseigné auparavant, et le tarif qui aurait dû m'être appliqué s'élevait à 7€. J'ai eu le droit d'en payer 9,5. Motif ? "Nous ne vendons plus de billets pour l'exposition temporaire uniquement, seulement des billets pour l'ensemble du musée désormais", nous dit la caissière. Mouais.

Un sentiment de s'être fait un peu pigeonner fait surface. Nous nous dirigeons donc vers un desk, où des gens du musée nous donnent plus de précisions sur le pourquoi de ce changement soudain : "Alors en fait, ça rendait les choses compliquées, d'avoir deux genres de billets différents - une queue séparée à l'intérieur du musée pour l'expo, surtout. Donc pour simplifier, on a décidé que c'était une bonne idée faire raquer les gens un max." Quelle bonne idée, cette stratégie de pricing. Et surtout, ça se justifie hyper bien auprès des visiteurs, les employés d'Orsay ont l'air bien briefé...


Alors après l'expo Ensor (très intéressante, au fait, pour en dire un mot ; même si on peut lui reprocher de s'attarder un peu sur l'œuvre précoce du peintre mégalo en négligeant la période qui lui valut honneurs et reconnaissance, dommage pour les néophytes comme nous... à voir jusqu'au 4 février), nous décidons de nous balader, de profiter un peu de l'autre expo temporaire (Van Gogh/Gauguin, ultra succincte, on n'a vu que deux salles, faudra nous expliquer...) et des galeries présentant des toiles de Delacroix, Ingres...

17h45 : "Mesdames, Messieurs ; veuillez vous diriger vers la sortie, le musée ferme ses portes à 18h. Vous pouvez toutefois profiter de notre boutique jusqu'à 18h30." Tout simplement génial, fallait juste y penser.

mardi 12 janvier 2010

Comme au Jack Rabbit Slim's, sans le Twist Contest

Aujourd'hui, nous recevons sur ce blog Jean-Pierre Pernaut, qui nous livre ce qu'on peut appeler un "coup de gueule", n'ayons pas peur des mots, contre la sandwicherie en bas de son taf.

Le Yorkshire n'est là que les mardis et les jeudis, sur rendez-vous.

Au 46 Avenue Marceau, dans le 8ème arrondissement de Paris, sied une échoppe au nom incongru : le 46 Avenue, le 4-6 pour les intimes. Tenu par la généreuse et charmante Vicky, ce haut lieu de la gastronomie surfe sur la vogue du "mieux-déjeuner", aussi connue sous le nom de la mode du "sandwich-qui-coûte-un-bras". Celle-ci consiste à s'installer dans un quartier plutôt chic, tant qu'à faire où des gens travaillent et ont la flemme d'aller à plus de 50 m de leur taf pour chercher de quoi se sustenter à midi et seront donc contraints d'accepter, la bouche en cœur, de débourser 6€ pour un bout de pain garni ; fort heureusement, pour cette modique somme, ce sont de véritables fantaisies culinaires en baguette qu'ils pourront goûter, généralement à base de roquette, de fromage frais et/ou de pignons (de pin).

Ainsi, vous trouverez chez Vicky des Choupas, des Sopranos, des Croqu'Génies, et même des Moundirs, qui s'intitulent de la sorte non pas parce qu'ils sont préparés à la machette mais parce que l'intéressé se rend régulièrement Avenue Marceau pour y déguster sa création originale à base de fonds d'artichauts.


Seulement voilà, un détail vient gâcher ce tableau idyllique : la tenancière du lieu elle-même. Si seulement son insupportabilité se bornait à son comportement ignoble à l'égard de ses employés, mais elle a visiblement ses têtes parmi ses clients (si vous ne portez pas de costard ou de fourrure, attendez-vous à un accueil finlandais).

Pire : elle va jusqu'à pousser le vice à la limite de la légalité. Je m'explique.

Avec en plus du sandwich une cannette à 2€, et un dessert généralement autour de 3€, on s'en sort généralement au 4-6 avec une addition à 11€. Je fréquente l'endroit depuis mon arrivée Avenue Marceau, soit depuis mai 2007. Et en 2 ans, elle n'a jamais jugé utile de rendre publique l'existence d'une "formule", au prix de 9,5€. La logique est somme toute simple : "si les gens savent que je propose une formule, ils risquent de la demander, et donc je perdrais 1,5€ par client ; si je la supprime, les gens qui viennent et la commandent risquent de ne plus venir ; conclusion : je la conserve, mais surtout j'en parle pas". A la limite de la légalité, en plein dans la malhonnêteté.

Alors après que j'ai poussé une mini-gueulante un jour, elle a miraculeusement affiché clairement la susdite formule. A un détail près : alors qu'elle incluait d'abord n'importe quel dessert, elle n'est vendue aujourd'hui qu'avec certains desserts ; lesquels ont un prix maximum de 1,8€. Faisons nos comptes : avec une canette toujours à 2€, la formule n'est donc "intéressante" pour un client que s'il prend un sandwich coûtant au moins 5,7€. Ce qui est le cas, j'ai compté, de 3 sandwiches sur 12 différents proposés chaque jour. Autrement dit, si vous ne faîtes pas gaffe, vous avez 3 chances sur 4 de vous faire niquer.
J'ai déjà vu une cliente japonaise commander une formule avec un sandwich à 6€ changer d'avis pour un sandwich à 5€. On ne lui a pas fait remarquer, elle a payé sa formule plus cher que le prix de chaque élément séparé.
Inversement, si vous prenez le contenu d'une formule (dont un sandwich à 6€) sans préciser que c'est une formule, on vous facturera la somme des prix de ce que vous avez choisi.


J'invite donc (et ils sont nombreux) tous les lecteurs de ce blog qui travaillent dans le marketing à réfléchir à ce cas tout à fait intéressant de pricing qui défie toute logique et d'absence totale de fidélisation, puisque le client n'a pas l'air échaudé par la manigance ou les mauvais traitements - il est tous les midis toujours aussi présent devant sa cantine.