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mardi 12 juillet 2011

Et maintenant, une page de publicité

Je suis un grand fan de la campagne de pub pour les Mini rochers Suchard ("petits, mais ils s'en moquent"), même si visiblement un des films, un peu trop audacieux, et qui faisait référence à L'Origine du monde de Courbet, a fait les frais de probables plaintes de spectateurs malgré sa seule présence sur internet ; heureusement, même si elle est absente de la page facebook de la marque, on peut encore la trouver ici, par exemple.

A l'instar des productions animées du Studio Pixar, ce que j'apprécie par dessus-tout dans ce type de démarches, c'est le choix de miser sur l'intelligence du public - oui, je suis comme ça, j'aime bien qu'on me flatte.

Malheureusement, la plupart des pubs que l'on peut voir aujourd'hui semblent encore tout droit sorties de l'imagination des publicitaires moqués par les Inconnus dans leur grand classique dont est issue la fameuse réplique "il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont" :


Certains ont cependant décidé de pousser le curseur du vice un cran plus loin. Non contents de prendre les gens pour des cons, ils ont décidé qu'il fallait faire passer un message laissant entendre que si vous n'adhérez pas à la philosophie de la marque, vous êtes doublement cons.

Ces génies de la com', c'est McDonald's. J'en veux pour preuve les trois chefs d'oeuvre de psychologie suivants, que vous avez sans doute déjà vus et dont les deux premiers ont été réalisés par un monsieur qui vient de baisser d'une bonne dizaine d'étages - genre 4 m de hauteur sous plafond minimum - dans mon estime, puisqu'il s'agit de Jacques Audiard. Aouch.


Quelle débile, cette Madame. Heureusement qu'il y a la voix à la fin pour lui ré-expliquer - ah non, pardon, elle l'entend pas, elle.


Celle-ci, elle est plus sournoise à différents égards. Déjà parce qu'elle sous-entend qu'en plus d'être cons, les gens qui n'ont pas eu l'immense joie de bosser chez McDo pendant leurs études sont empotés, pas débrouillards, mais en plus sont un peu moches et petits. Mais aussi et surtout parce que si je suis bien, de deux choses l'une : soit son équivalence Bac + 3 chez McDonald's, la jeune fille s'en fout, vu qu'elle a l'air d'avoir décroché un diplôme du genre Master de Sup de Co ; soit en gros, le big M nous incite pour valoriser cette formidable équivalence à laisser tomber nos études pour devenir manager de resto - et chacun sait qu'ils sont pléthore rapportés au nombre d'employés de base...

Pour finir, la petite dernière, un grand classique en mode "mes parents sont vraiment des maxi-cons, je vais aller me bouffer un maxi-best of en sortant pendant 3/4 d'heure et ils vont rien cramer (mais ma grosse conne de mère aura quand même eu le temps de s'endormir)."


Priceless.

lundi 28 mars 2011

Aujourd'hui, on n'a plus le droit, d'avoir faim - ni d'avoir froid

Le printemps, c'est chouette. Il fait beau, les arbres sont en fleurs, les filles ressortent leurs jupes.

Seule ombre au tableau : c'est le retour des pigeons sur ces mêmes arbres en fleurs, et donc du salopage de mon scooter. Mais à part ma cavalière de deux roues et moi-même, ça ne fait pas chier grand monde.


Ce qui est regrettable en revanche pour 50% des Français (chiffres Harris Interactive, commandités par moi-même, donc hyper fiables), dont 90% de sexe féminin, c'est que contrairement à l'été, le printemps ne dispose pas de soldes d'été.

Heureusement, Alexandra Obolensky a pensé à tout. Mais qui diable est Alexandra Obolensky ?

Actuellement visible dans l'exceptionnel Carré ViiiP (oui, parce que chez TF1, un maximum de "i" dans un nom d'émission est gage de succès d'audience - cf. Confessiiions Iiintiiimes, Quiii veut gagner des miiilliiions ?,...), la jeune fille a fait ses armes dans la deuxième édition de Secret Story, toujours sur TF1.
Voici ce que nous raconte Wiiikiiipediiia à son sujet : "Alexandra, de son vrai nom Marie-Alexandra Obolensky (29 novembre 1986) : Fille d'Alain Obolensky et Petite-fille d'Alexander Obolensky, descendant du tsar Ivan IV de Russie (...)". Son secret dans l'émission qui nous a permis de la découvrir (merci Endemol) ? Elle est "princesse".

Nous avons donc affaire à une personne qui, selon toute vraisemblance, ne doit pas souffrir de gros soucis financier.

Pourtant, le 24 mars dernier dans L'Edition Spéciale sur Canal, la Grande Daphné Burki, prêtresse de la mode et des tendances de nous les jeunes, présente le site People Fripe, avec en grosse photo derrière Miss Obolensky (accessible - le site, pas la demoiselle - en cliquant sur l'image qui suit).



Le pitch : des éléments de garde-robes de stars mis en vente au profit d'œuvres caritatives.

La réalité : ...

Première chose, Alex (tu permets que je t'appelle par ton petit nom ?) : Laurie Cholewa, toi-même (!) ou Mickaël Cohen-Miro, je ne suis pas sûr que ça fasse rêver les masses. Qui plus est, si tu cherches à refiler tes robes "abricot" H&M  ou "rayure multicolore" chut-chut-pas-de-marque pour 4 fois leur prix (199€ en achat immédiat), ça risque de se voir que tu cherches à arnaquer les gens.

Après, nous passerons les liens vers les bios des "stars" qui ne fonctionnent pas, les fautes d'orthographe ("Benoit Peolvoord" va adorer), car il y a bien plus choquant. En page d'accueil, tu annonces avoir déjà levé l'astronomique somme de 989€ pour les associations. Penchons-nous un peu plus sur le fin business model que nous propose ton site dont le but est, ou en tout cas devrait être a priori, pas lucratif. Ou pas.

Pour rappel, voici les conditions générales d'Ebay concernant les commissions retenues sur les ventes :


Et maintenant, jetons un œil à TES conditions générales de vente :


Une analyse en plusieurs étapes s'impose :

- Petit 1 : tu prends un poil plus cher qu'Ebay ; en même temps, quand c'est pour vendre tes fringues, tu t'en fiches un peu, c'est vrai...

- Petit 2 : tu as bien regardé ton barême ? Tu penses sérieusement que des honnêtes gens (oui, parce que ça s'adresse à eux j'ai cru comprendre) vont mettre plus de 50 000€ dans un t-shirt Abercrombie & Fitch, même s'il a été porté par  - pardon : alors qu'il a été porté par Tomer Sisley ?...

- Petit 3 : si on lit bien, tu nous dis que "La personnalité s‘engage à reverser un minimum contractuel de 20% de ses gains à l’œuvre caritative de son choix. Cependant, la plupart des donneurs reversent 100% de leurs gains aux œuvres caritatives. Dans un souci de transparence, PeopleFripe mettra à jour tout les mois le montant des dons ainsi reversés à travers un compteur de dons. Pour les stars et les people, c'est ainsi l'occasion de concrétiser leur générosité. En effet une partie des bénéfices sera redistribuée à l'association de la célébrité en question ou à nos partenaires exclusifs tels que AIDES, La Ligue contre le Cancer ou La Croix Rouge." 20% minimum, 100%, une partie ? Je te suis plus, là, Alex, faut que tu m'expliques. Surtout que si tu ne fais que nous donner le montant reversé sans nous dire la part des gains que cela représente, ça risque de pas beaucoup nous parler...

Bref, j'espère que tu auras réussi à te faire un peu d'argent de poche grâce à ton super site pendant tes jours de présence publicitaire sur TF1. Les temps sont durs, même pour les princesses. Et le printemps n'est-il pas la saison des pigeons ?

- bonus : le site et le compte twitter -

mardi 25 mai 2010

Uma des Bois

Comme moi, vous avez sans doute vu cette pub d'une indigence remarquable :


Or, alors que Ridley Scott vient de nous pondre un (un peu chiant) Robin/Gladiator des Bois, il faut savoir que Uma Thurman a interprété Maid Marian dans une version tv des aventures du gredin de Sherwood - pourtant plus regardables, dans mon souvenir, que celles du toujours guilleret Russell Crowe.


C'était le chaînon manquant pour comprendre le pourquoi du plagiat de Givenchy de ce beau moment de poésie :

dimanche 4 avril 2010

Saloperies de nases, connards finis.

Je fais un rêve.

Je rêve d'un monde où les amoureux pourront s'aimer sans entraves. Où les jaloux seront impuissants face à la tendresse, où chacun sera libre de s'aimer, en paix.

Je rêve de liberté. De liberté de nos choix, dans nos mouvements. De transports libres, soumis aux lois du marché, où les transportés sont rois.

Je rêve d'une gare. D'une Gare de l'Est où, quand on arrive avant que ne parte le train pour Troyes de 12h13, et qu'on embrasse sa Tortue, le contrôleur, doté d'un QI supérieur à 60, vous prévient du départ imminent et ne vous laisse pas essayer d'ouvrir comme des cons une porte qui se ferme - et dont il sait qu'elle ne se rouvrira pas.

Merci, la SNCF.

lundi 15 mars 2010

Bien fait

Si on ne tient pas compte du sympa quoiqu'un peu mou Big Fish, quel est, en ce 15 mars, le point commun entre Marion Cotillard et Tim Burton ?

Réponse : ils ont eu l'honneur de recevoir des mains de notre vénéré Ministre de la Culture une décoration. J'entends déjà des soupirs de "après Daniela Lumbroso, encore un boulet récompensé, c'est pas possible..." Il doit néanmoins exister un Dieu de la culture, puisque FM a réussi a abîmer Cotillard. C'est con, ça.

mardi 9 février 2010

No Milk Today

Aujourd'hui, une (autre) note laitière : nouvelle leçon de marketing, plus précisément de pricing pour les nuls.

Tu vois, ça, c'est 3 bouteilles de lait. Je les ai trouvées au Franprix (les trois dans le même, sinon ça compte pas) rue de Poissy, dans le 5ème arrondissement de Paris, il y a une semaine.

La première, c'est une bouteille d'1L. Elle a subi une "baisse de prix", elle est vendue 94 cts.


Et ça, c'est une bouteille d'1/2L. C'est pas mal, quand on est 2, pour dépanner. Elle aussi a connu une "baisse de prix". Et bien tu devras quand même débourser 95 cts pour en faire l'acquisition. Logique.


Et puis, il y a la mignonnette. La mini-bouteille, celle des célibataires, qui ne veulent pas gâcher, parce qu'ils savent qu'ils ne boiront pas leur demi-litre ou leur litre. Pour ceux-là, Franprix a tout prévu (sauf la baisse de prix) : elle ne coûte que 99 cts.


Cette note est dédiée aux producteurs de lait, à qui on peut souhaiter une très belle année 2010...

mercredi 27 janvier 2010

Qui a dit que TF1 était la chaîne la plus racoleuse ?...

Ils auraient pas un problème, sur le site de Canal ?...


Certes, pour les "+ vues" ils n'y peuvent rien. N'empêche, on sait très bien pourquoi ce sont les + vues, et surtout qui a eu la bonne idée de retenir ces images-là pour servir de vignettes aux vidéos...

mardi 12 janvier 2010

Comme au Jack Rabbit Slim's, sans le Twist Contest

Aujourd'hui, nous recevons sur ce blog Jean-Pierre Pernaut, qui nous livre ce qu'on peut appeler un "coup de gueule", n'ayons pas peur des mots, contre la sandwicherie en bas de son taf.

Le Yorkshire n'est là que les mardis et les jeudis, sur rendez-vous.

Au 46 Avenue Marceau, dans le 8ème arrondissement de Paris, sied une échoppe au nom incongru : le 46 Avenue, le 4-6 pour les intimes. Tenu par la généreuse et charmante Vicky, ce haut lieu de la gastronomie surfe sur la vogue du "mieux-déjeuner", aussi connue sous le nom de la mode du "sandwich-qui-coûte-un-bras". Celle-ci consiste à s'installer dans un quartier plutôt chic, tant qu'à faire où des gens travaillent et ont la flemme d'aller à plus de 50 m de leur taf pour chercher de quoi se sustenter à midi et seront donc contraints d'accepter, la bouche en cœur, de débourser 6€ pour un bout de pain garni ; fort heureusement, pour cette modique somme, ce sont de véritables fantaisies culinaires en baguette qu'ils pourront goûter, généralement à base de roquette, de fromage frais et/ou de pignons (de pin).

Ainsi, vous trouverez chez Vicky des Choupas, des Sopranos, des Croqu'Génies, et même des Moundirs, qui s'intitulent de la sorte non pas parce qu'ils sont préparés à la machette mais parce que l'intéressé se rend régulièrement Avenue Marceau pour y déguster sa création originale à base de fonds d'artichauts.


Seulement voilà, un détail vient gâcher ce tableau idyllique : la tenancière du lieu elle-même. Si seulement son insupportabilité se bornait à son comportement ignoble à l'égard de ses employés, mais elle a visiblement ses têtes parmi ses clients (si vous ne portez pas de costard ou de fourrure, attendez-vous à un accueil finlandais).

Pire : elle va jusqu'à pousser le vice à la limite de la légalité. Je m'explique.

Avec en plus du sandwich une cannette à 2€, et un dessert généralement autour de 3€, on s'en sort généralement au 4-6 avec une addition à 11€. Je fréquente l'endroit depuis mon arrivée Avenue Marceau, soit depuis mai 2007. Et en 2 ans, elle n'a jamais jugé utile de rendre publique l'existence d'une "formule", au prix de 9,5€. La logique est somme toute simple : "si les gens savent que je propose une formule, ils risquent de la demander, et donc je perdrais 1,5€ par client ; si je la supprime, les gens qui viennent et la commandent risquent de ne plus venir ; conclusion : je la conserve, mais surtout j'en parle pas". A la limite de la légalité, en plein dans la malhonnêteté.

Alors après que j'ai poussé une mini-gueulante un jour, elle a miraculeusement affiché clairement la susdite formule. A un détail près : alors qu'elle incluait d'abord n'importe quel dessert, elle n'est vendue aujourd'hui qu'avec certains desserts ; lesquels ont un prix maximum de 1,8€. Faisons nos comptes : avec une canette toujours à 2€, la formule n'est donc "intéressante" pour un client que s'il prend un sandwich coûtant au moins 5,7€. Ce qui est le cas, j'ai compté, de 3 sandwiches sur 12 différents proposés chaque jour. Autrement dit, si vous ne faîtes pas gaffe, vous avez 3 chances sur 4 de vous faire niquer.
J'ai déjà vu une cliente japonaise commander une formule avec un sandwich à 6€ changer d'avis pour un sandwich à 5€. On ne lui a pas fait remarquer, elle a payé sa formule plus cher que le prix de chaque élément séparé.
Inversement, si vous prenez le contenu d'une formule (dont un sandwich à 6€) sans préciser que c'est une formule, on vous facturera la somme des prix de ce que vous avez choisi.


J'invite donc (et ils sont nombreux) tous les lecteurs de ce blog qui travaillent dans le marketing à réfléchir à ce cas tout à fait intéressant de pricing qui défie toute logique et d'absence totale de fidélisation, puisque le client n'a pas l'air échaudé par la manigance ou les mauvais traitements - il est tous les midis toujours aussi présent devant sa cantine.

jeudi 31 décembre 2009

My own private cine retro, Part. 3

Bon, et pour finir, et parce que c'est quand même vachement plus marrant (et facile) de cracher sur ce qu'on n'aime pas que d'encenser ce qu'on aime, voici le Top 7 des horreurs 2009.



7ème : Humpday (vu le 29 septembre, au Mk2 Quai de Loire)
Archétype du film indépendant américain, Humpday raconte l'histoire de deux meilleurs potes qui se lancent le défi de coucher ensemble pour se prouver leur amitié. Finalement, ils baissent les bras, et le spectateur aussi devant tant de vide occupé par des dialogues horriblement mal post-synchronisés.


6ème : L'Etrange Histoire de Benjamin Button (vu le 21 février, à l'UGC les Halles)
Nominé 13 fois aux Oscars 2009 et finalement reparti avec 3 statuettes dans des catégories comme "meilleur maquillage" ou "meilleurs effets visuels", Benjamin Button... est un des films qui s'est avéré le plus décevant cette année. Après avoir été sur-vendu et rendu ultra attendu ("le nouveau Fincher plein d'effets spéciaux hallucinants avec Brad Pitt"), cette Etrange Histoire est finalement un enchaînement de scènes retouchées assemblées par un réalisateur qui se regarde filmer, persuadé de pondre là un chef d'oeuvre, alors qu'en y songeant 2 secondes : s'il n'avait pas été réalisé par Fincher, avec ce casting et cette qualité de maquillage/images retouchées, ça serait juste un navet irregardable - la réflexion pseudo-philosophique "et si je commençais ma vie par la fin" est quand même assez rapidement trappée, reste une bluette entre Blanchett et Pitt...
En d'autres termes, si on nous l'avait pas rendu désirable, la seule impression qu'auraient gardée les spectateurs de ce film aurait été : "tu l'as vu, ce nanar où Brad Pitt joue un vieux dans un corps de bébé ?" (mais je veux bien ouvrir les paris sur le regard qu'on portera dessus dans 5 ou 10 ans...)




5ème : Micmacs à tire-larigot (vu le 2 novembre, au Mk2 Quai de Loire)
Bon, cf. ici, pas grand chose à rajouter.


4ème : Le Petit Nicolas (vu le 20 octobre, au Mk2 Quai de Loire)
Plus de 5 millions d'entrées, avec on l'imagine un coefficient Paris/Province classique pour ce genre de films, Le Petit Nicolas est une vaste blague. On y va avec le souvenir (pas forcément lointain, grâce aux sorties récentes d'histoires inédites) de la verve du personnage de Goscinny. On en ressort comme floué, ayant assisté à un festival de blagues Carambar, de références et clins d'oeil lourdauds et ineptes, et surtout atterrés par un petit acteur principal fade, qui nous dit en conclusion que son but dans la vie est de "faire rire" alors qu'il a été transparent pendant 1h30. Et dire que Chabat est censé avoir co-signé les dialogues...


3ème : Le Bal des Actrices (vu le 7 février, au MK2 Quai de Seine)
S'il est une chose que j'abhorre de la part d'un auteur ou un artiste, c'est l'auto-flagellation : "je laisse entendre dans mon oeuvre que celle-ci est mauvaise ou pourra être jugée comme telle ; ainsi, si le public ne l'aime pas, je pourrai dire 'mais je vous avais dit que c'était à chier', et s'il l'aime bah tant mieux pour ma pomme".

Maïwenn Le Besco pense ainsi faire preuve de modestie, mais ce sont généralement les réalisateurs les plus prétentieux qui osent ce genre de malhonnêtetés intellectuelles. Son film est juste brouillon, intello et franchement chiant : sans véritable scénario, il tourne à vide, la seule idée un peu intéressante du film étant de faire chanter des actrices (attend, y avait pas un film qui s'appelait 8 Femmes, un truc comme ça ?...), dont la vie, ô les pauvres, n'est décidément pas facile ("je dois gérer mon image de femme publique, mon statut d'icone, d'objet de désir, d'objet tout court pour mon réalisateur - sauf quand c'est Maïwenn, parce que là c'est ma copine, c'est pas juste un pygmalion -, mais aussi celui d'amoureuse, de fille ou de maman").
Néanmoins, le plus détestable, c'est que la demoiselle pense avoir acquis une légitimité en tant que "réalisatrice torturée", alors qu'elle ne reste pour moi qu'une actrice à tronche chelou bonne à jouer des chanteuses lyriques extra-terrestres.




2ème : The Reader (vu le 25 juillet, au Mk2 Quai de Loire)
Sans doute une des plus belles arnaques de l'année. Un truc à souhaiter que Julien Courbet anime Le Cercle sur Canal, avec Maître Berges parmi ses critiques.
- Un récit qui se déroule en Allemagne mais tourné en anglais : comme si la langue n'avait aucune importance, et les dialogues non plus d'ailleurs.
- Kate Winslet qui se retrouve vieille à la fin et jouant un personnage "qu'on-croit-qu'il-est-méchant-mais-peut-être-qu'en-fait-elle-a-juste-quelque-chose-à-cacher-oulala-qu'est-ce-que-ça-peut-bien-être-?" : forcément, bam, un oscar.
- Un scénario lourdingue, qui t'explique en te prenant par la main, débile petit spectateur, ce qu'il faut comprendre à chaque scène et globalement du film (de mémoire, le professeur de lettres de Michael Berg explique que "ce qui définit la littérature européenne contemporaine, c'est ce que les personnages ne révèlent pas au lecteur ni aux autres personnages" et que "c'est ce qui fait avancer l'intrigue de chaque oeuvre" ; merci Stephen Daldry, on n'avait pas compris que tu nous parlais de ton film, en fait...), au service d'une mise en scène aussi bouleversante que celle d'un épisode de Derrick.
- Et le fin du fin, c'est qu'à cause des raccourcis pris sur le bouquin (d'après ce que j'ai entendu à droit à gauche, je confesse ne pas l'avoir lu), le discours qui est tenu est tout simplement scandaleux : les Nazis n'étaient pas Nazis par choix, mais par nécessité ; pire, les coupables des crimes les plus odieux seraient juste illettrés - et donc pas vraiment responsables. Je ne pensais pas que ça pouvait arriver, mais je viens de gerber cognitivement dedans ma tête.




And La Bouse d'or 2009 goes to : Slumdog Millionaire (vu le 17 janvier, à l'UGC Les Halles)

Je m'autorise exceptionnellement à recycler une petite note que j'avais publiée au moment de la sortie du film - mais dont j'assume toujours chaque mot.



Pourquoi Slumdog Millionaire est-il encensé de toute part ?

A : Parce qu’il permet d’avoir bonne conscience (j’ai aimé un film qui n’était pas tout à fait américain, y a des Indiens pauvres en plus dedans…)
B : Parce que les journalistes américains d’une part n’ont pas beaucoup de bons films à voir, donc même un film passable est tout de suite porté aux nues (et se retrouve triomphant aux Golden Globes), et que les spectateurs d’autre part ont parfois tendance à s’emballer sur des films sans trop réfléchir (21 Millions de Ch’tis, vive la France)
C : « Parce que c’est Danny Boyle, tu comprends, le mec qui a fait Trainspotting et après a oublié son amour-propre au profit de ses producteurs, et le scénariste de Full Monty, qu’on sait pas trop ce qu’il a foutu depuis 1997… »
D : La réponse D (désolé, je suis à cours, je me l’explique pas trop en fait ce succès…)

Serais-je donc le seul à avoir senti la supercherie ? Personne pour lever le(s) lièvre(s) ?? Tout le monde (enfin, les journalistes et une grande partie du public), tous dupes ???

Hier soir, comme toute la salle de l’UGC des Halles, me suis retrouvé face à la nouvelle pub de Dany Boyle.

Oui oui, une pub. De par le style, d’abord, qu’on cherche encore près de 15 ans après Petits meurtres entre amis, chez le réalisateur britannique, toujours aussi hystérique. Bon, se retrouver au 3e rang, ça aide pas, mais je pense que même sur un écran d’iPhone ça l’aurait pas plus fait… Mais sa seule patte finalement ne se résumerait-elle pas uniquement à un montage très cut et une tentative incessante d’en mettre plein la vue au spectateur ? (nb : pas de méprise, Trainspotting et même Une vie moins ordinaire ont longtemps fait partie de mes films de chevet, j’ai juste dû grandir un peu…)

Mais il aura certainement échappé aux quidams un détail. Le film est co-produit par une société nommée Celador. Et Celador, je vous le donne en mille (ou plutôt en millions), n’est autre que la société productrice de… ‘Who wants to be a millionaire?’ Autrement dit, ce qui pourrait passer pour une œuvre de création artistique de la part du Golden Globisé (!!!) scénariste de Full Monty Simon Beaufoy n’apparaît en fait que comme un formidable écrin pour faire parler (si toutefois il était encore besoin d’en faire la publicité), ou plutôt de transmettre une image reluisante d’un jeu télévisé dont la seule originalité réside dans sa mise en scène (je vends des formats de jeu tv, donc je sais de quoi je parle : en matière de mécanique, y a pas plus pauvre si on oublie ‘A prendre ou à laisser’…).

Et quand on y réfléchit, ce jeu n’est-il pas un prétexte à raconter l’incroyable histoire de ce jeune homme, que tout aurait dû conduire à l’échec et à qui la vie finit par sourire ? Dans ce cas, n’est-il pas quelque peu gênant de devoir avoir recours aux questions qui lui sont posées pour souligner le caractère extraordinaire du parcours du jeune homme ? Autrement dit, QVGDM n’est-il pas superflu ? On peut d’autant plus se poser la question que l’argent n’est pas la motivation première du personnage…mais dans ce cas, où est l’intérêt de situer ce personnage au plus bas de l’échelle sociale indienne ?

On oubliera quelques autres incohérences (la dernière question, le choix du frère…), et puis bon, on se dira, de même que quand on éteint la télé après avoir regardé Foucault : ‘mais qu’est-ce que j’ai foutu devant cet abjecte spectacle pourtant si divertissant, où ceux qui gagnent le plus ne sont pas ceux qu’on croit ?’…

Et oui, c’est mon dernier mot, Jean-Pierre.

vendredi 18 décembre 2009

C'est possible

Dans la série Les affiches qui nous prennent pour des billes, voici : la Pub pour le TER.


mercredi 16 décembre 2009

Cat Power

Pour qu'une vidéo fasse du buzz sur la toile, il faut soit :
- qu'elle soit surprenante
- qu'elle soit spectaculaire
- qu'il y ait des meufs à poil
- qu'elle soit drôle

OU qu'on y voie des chatons.

Ce message de mépris s'adresse à tous ceux (et ils sont nombreux) qui s'émeuvent devant ce genre d'images :


Un chaton, c'est mignon. Mais qui a décrété qu'il fallait le filmer et polluer facebook avec dès qu'il joue avec une boulette de papier ?

Pour prouver que je ne suis pas le seul à ne plus vouloir me faire pourrir, voici quelques échantillons proposés par le CCC :


(vu dans Funny People)

(mon coup de coeur, le seul chat qui en vaille la peine)


Un bonus, récupéré sur le blog d'Elise :


La consolation du jour, c'est que You Tube a annoncé le Top 5 des vidéos les plus vues en 2009 et qu'on n'y trouve pas de créatures poilues (exception faite de Susan Boyle).

dimanche 13 décembre 2009

Rien à Branly

Bien qu'ouvert depuis 2006, le Musée du Quai Branly n'avait jamais été pour moi qu'un édifice au design moderne perché en bord de Seine, avant ma visite le week end dernier.



Venu accompagné de mon acolyte pleurodire, c'est l'expo temporaire Teotihuacan qui nous a amenés jusqu'au musée.

Malheureusement, mieux vaut s'y pointer avant 15h, sinon pas la peine d'espérer apercevoir le quelconque masque ou la moindre statuette...

Nous nous sommes donc rabattus sur la collection permanente. Et là, une impression prévaut : pourquoi le Quai Branly, si ce n'est pour faire plaisir à Jacques Chirac ?

Parce qu'il existe déjà, me semble-t-il, un Musée national des Arts d'Afrique et d'Oceanie, aujourd'hui appelé Palais de la Porte Dorée, non ? Plus le Musée Guimet, donc rien de bien nouveau ou pertinent.



Une deuxième pensée occupe alors l'esprit du visiteur (en tout cas le mien) : qu'entend-on par "Art primitif" ? Il y a à mon oreille une note quelque peu péjorative, voire même paternalisto-colonialiste, à laisser entendre que les productions de peuples exclusivement non européens devraient être désignées comme "primitives", sous prétexte qu'elles sont antérieures à...bah, antérieure à la visite d'explorateurs européens, en fait....

En effet, certaines des oeuvres présentées ont plusieurs milliers d'années, quand d'autres datent du XXème siècle, et sont disposées selon une logique qui, je dois le dire, m'a quelque peu échappé - apparemment seulement géographique, et encore... Par ailleurs, 75% de la collection du Quai Branly est constituée d'objets de la vie de tous les jours. Certes ces objets sont beaux, mais ils relèvent plus d'un travail d'artisan que de celui d'un artiste.

Tortue : "Oui, mais on parle bien d'art décoratif !"
Moi : "Oui, mais là il s'agit d'art "primitif", en tout cas c'est comme ça qu'on l'appelle ici. En plus, on trouve des broches, des couteaux, des bols, mais aussi des statuettes, des totems, des armes, des diadèmes... Moi ça me fait plus penser à une brocante qu'aux Arts déco, tout ça."

Mais à une brocante dans le noir. Beaucoup plus class, avouons-le, mais du coup pas très pratique pour lire les descriptions des objets - surtout quand la moitié de l'éclairage de ces mêmes descriptions est en panne.

Je me prends alors à penser. A penser à ma spatule Ikea, au cadeau de mon Kinder Surprise mangé la veille, ou au balais de mes chiottes. Et je me dis que les Chinois du 4ème millénaire (oui, parce que ce seront les maîtres du Monde d'alors) auront la chance de s'extasier devant tout ça, et mon alter ego du futur se demandera à son tour si on s'est pas un peu foutu de sa gueule.


jeudi 26 novembre 2009

Hmm, c'est doux : c'est neuf ?

Il est une caractéristique physique que l'on partage, Javier Bardem, Pascal Brutal et moi-même, c'est un excès de virilité manifeste.



Chez Bardem, cet orgueilleux apanage s'exprime à travers une exhibition sans retenue d'une Penélope Cruz, chez le personnage de Sattouf celle d'une gourmette.

Moi, j'ai choisi les poils. Et je ne suis pas le seul : Sean Connery, Sacha Baron Cohen, mon cousin germain MD (que je salue au passage) ou Romain Duris sont d'éminents représentants des mâles qui osent s'affirmer pileusement.

Et pourtant, voilà que je tombe là-dessus cette semaine, en vitrine de Publicis, en haut des Champs-Elysées :



Le "velu" aurait donc "vécu !"... Autant faire une couv' avec Claude Allègre en titrant "L'intelligence en action !"

Ce qui est remarquable surtout, c'est la fréquence métronomique avec laquelle les magazines "de mode" décident de vouer aux gémonies alternativement 50% de la population masculine du globe selon un cycle dont la logique, je dois le dire, m'est complètement étrangère... Au point qu'on se retrouve avec un message contradictoire au possible avec cette couverture du supplément de L'Express.

C'est ainsi qu'au sommet de la gloire des poilus, les imberbes sont considérés comme la lie de la société, tandis que nos amis duveteux ne sauraient sortir découverts quand d'unanimes louanges sont faites aux glabres.

C'est tellement plus simple d'être une gonzesse, finalement.

mardi 24 novembre 2009

C'était mieux avant

Pour plus de réalisme, situons cet échange au restaurant McDonalds de Thiers les Varennes, dans le Puy-de-Dôme (coordonnées disponibles sur le site www.mcdonalds.fr).

- Bonjour Monsieur.
- Bonjour, je vais vous prendre un menu McDeluxe.
- Pas de problème. Cependant, je dois vous prévenir...
- Oui ?
- La viande de nos sandwiches est maintenant glissée dans un petit sachet plastique avant d'être placée entre les tranches de pain.
- Hein ?
- Oui, c'est nouveau. C'est des sachets avec de la pub pour McDo dessus.
- Mais c'est quoi, cette connerie ?
- Désolé Monsieur, ça se passe comme ça, maintenant.
- Et si je veux pas qu'elle soit emballée ?
- C'est possible.
- Ah, tant m...
- ...mais c'est plus cher.
- Quoi ? Mais pourquoi vous faîtes ça ? C'est complètement con !
- Cet avis n'engage que vous ; nous, on trouve ça pas mal : le message publicitaire du sachet vous incite à payer plus cher pour qu'il n'y ait plus de plastique dans votre sandwich. C'est une solution que nous avons trouvée pour générer de nouveaux revenus.
- Mais vous en aviez besoin ? Vous ne faisiez pas de profit avant ?
- ...
- Mais je vais aller chez Quick, moi, si c'est comme ça !
- Inutile, Monsieur.
- De..?
- Ils proposent eux aussi la viande de leurs sandwhiches emballée dans du plastique. C'est eux qui ont commencé, en fait. Nous, on s'y est mis aussi parce qu'on s'est dit que c'était une bonne idée.
- Mais vous pensez pas que ce qui va finir par se passer, c'est que les gens vont tout simplement arrêter de bouffer dans les Fast foods?
- Vous plaisantez ? Ça sera toujours moins cher que de se payer un vrai resto. Et puis, reconnaissez le : c'est chiant, ce plastique, mais c'est pas la mort non plus ; il suffit de le retirer avant de manger le sandwich...
- Ouais...
- Je vous mets un menu Premium (sans plastique), alors ?
- Mmmouuaiis...ou pas. Mettez-moi le McDeluxe avec sachet, pas grave, je ferai avec.


Un grand merci à l'équipe de Deezer, largement inspirée par le business model de Spotify, à qui l'on doit cette idée merveilleuse : intercaler des messages de pub (à 75% des pubs pour...l'abonnement Deezer) tous les 3 titres, dont on peut se débarrasser contre le paiement d'un forfait mensuel. Mais bien sûr.



Allez, sans rancune :

mardi 17 novembre 2009

Viens voir les musiciens

Dans ma prime jeunesse, quand j'écoutais encore indifféremment et en boucle Oasis, Coolio, Babylon Zoo et Louise Attaque, lorsqu'un groupe, un artiste, un orchestre, un accordéoniste, une chanteuse ou Patricia Kaas devait se produire en concert, les affiches titraient sobrement : "Machin en concert", "Bidule à l'Elysée Montmartre" ou "Truc Much en tournée".

Mais aujourd'hui que les concerts sont devenus la principale source de revenus pour le monde de la musique, il faut savoir se démarquer. On tombe ainsi sur ce genre de trucs :





J'ai d'ailleurs eu l'occasion d'admirer une magnifique accroche annonçant que Tryo allait "retourner Bercy" - ça va être quelque chose, moi je vous le dis -, je n'ai malheureusement pas sous la main de photo de l'affiche incriminée, mais je la rajouterai à cette note dès que j'aurai eu la chance de la recroiser.

Dans ma bonté d'âme, j'ai donc décidé d'éviter tout boulot inutile à des graphistes surpayés en livrant les suggestions suivantes.