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mardi 19 janvier 2010

Vi$ite au Mu$ée d'Or$ay

Alors oui, je sais, on va dire (Melle Tortue en tête) que mon blog ne me serre qu'à déverser ma bile et pousser des coups de gueule. Néanmoins, malgré un risque certain de passer pour un gros relou jamais content, ma visite (avec la carapacée demoiselle suscitée) du Musée d'Orsay à l'occasion de l'Expo consacrée au peintre belge James Ensor le week end dernier m'a encore donné des raisons de me plaindre. Je crois que j'aime bien ça, en fait.


A l'instar de Vicky et son 4-6, les dirigeants du Musée d'Orsay ont des idées en matière de marketing pourri à revendre.

Arrivés au guichet, Melle Tortue, âgée de 25 ans, bénéficie d'une entrée gratuite. Je m'étais renseigné auparavant, et le tarif qui aurait dû m'être appliqué s'élevait à 7€. J'ai eu le droit d'en payer 9,5. Motif ? "Nous ne vendons plus de billets pour l'exposition temporaire uniquement, seulement des billets pour l'ensemble du musée désormais", nous dit la caissière. Mouais.

Un sentiment de s'être fait un peu pigeonner fait surface. Nous nous dirigeons donc vers un desk, où des gens du musée nous donnent plus de précisions sur le pourquoi de ce changement soudain : "Alors en fait, ça rendait les choses compliquées, d'avoir deux genres de billets différents - une queue séparée à l'intérieur du musée pour l'expo, surtout. Donc pour simplifier, on a décidé que c'était une bonne idée faire raquer les gens un max." Quelle bonne idée, cette stratégie de pricing. Et surtout, ça se justifie hyper bien auprès des visiteurs, les employés d'Orsay ont l'air bien briefé...


Alors après l'expo Ensor (très intéressante, au fait, pour en dire un mot ; même si on peut lui reprocher de s'attarder un peu sur l'œuvre précoce du peintre mégalo en négligeant la période qui lui valut honneurs et reconnaissance, dommage pour les néophytes comme nous... à voir jusqu'au 4 février), nous décidons de nous balader, de profiter un peu de l'autre expo temporaire (Van Gogh/Gauguin, ultra succincte, on n'a vu que deux salles, faudra nous expliquer...) et des galeries présentant des toiles de Delacroix, Ingres...

17h45 : "Mesdames, Messieurs ; veuillez vous diriger vers la sortie, le musée ferme ses portes à 18h. Vous pouvez toutefois profiter de notre boutique jusqu'à 18h30." Tout simplement génial, fallait juste y penser.

dimanche 13 décembre 2009

Rien à Branly

Bien qu'ouvert depuis 2006, le Musée du Quai Branly n'avait jamais été pour moi qu'un édifice au design moderne perché en bord de Seine, avant ma visite le week end dernier.



Venu accompagné de mon acolyte pleurodire, c'est l'expo temporaire Teotihuacan qui nous a amenés jusqu'au musée.

Malheureusement, mieux vaut s'y pointer avant 15h, sinon pas la peine d'espérer apercevoir le quelconque masque ou la moindre statuette...

Nous nous sommes donc rabattus sur la collection permanente. Et là, une impression prévaut : pourquoi le Quai Branly, si ce n'est pour faire plaisir à Jacques Chirac ?

Parce qu'il existe déjà, me semble-t-il, un Musée national des Arts d'Afrique et d'Oceanie, aujourd'hui appelé Palais de la Porte Dorée, non ? Plus le Musée Guimet, donc rien de bien nouveau ou pertinent.



Une deuxième pensée occupe alors l'esprit du visiteur (en tout cas le mien) : qu'entend-on par "Art primitif" ? Il y a à mon oreille une note quelque peu péjorative, voire même paternalisto-colonialiste, à laisser entendre que les productions de peuples exclusivement non européens devraient être désignées comme "primitives", sous prétexte qu'elles sont antérieures à...bah, antérieure à la visite d'explorateurs européens, en fait....

En effet, certaines des oeuvres présentées ont plusieurs milliers d'années, quand d'autres datent du XXème siècle, et sont disposées selon une logique qui, je dois le dire, m'a quelque peu échappé - apparemment seulement géographique, et encore... Par ailleurs, 75% de la collection du Quai Branly est constituée d'objets de la vie de tous les jours. Certes ces objets sont beaux, mais ils relèvent plus d'un travail d'artisan que de celui d'un artiste.

Tortue : "Oui, mais on parle bien d'art décoratif !"
Moi : "Oui, mais là il s'agit d'art "primitif", en tout cas c'est comme ça qu'on l'appelle ici. En plus, on trouve des broches, des couteaux, des bols, mais aussi des statuettes, des totems, des armes, des diadèmes... Moi ça me fait plus penser à une brocante qu'aux Arts déco, tout ça."

Mais à une brocante dans le noir. Beaucoup plus class, avouons-le, mais du coup pas très pratique pour lire les descriptions des objets - surtout quand la moitié de l'éclairage de ces mêmes descriptions est en panne.

Je me prends alors à penser. A penser à ma spatule Ikea, au cadeau de mon Kinder Surprise mangé la veille, ou au balais de mes chiottes. Et je me dis que les Chinois du 4ème millénaire (oui, parce que ce seront les maîtres du Monde d'alors) auront la chance de s'extasier devant tout ça, et mon alter ego du futur se demandera à son tour si on s'est pas un peu foutu de sa gueule.