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lundi 29 mars 2010

I'm mal payed and proud

Vous avez été nombreux à réagir (au moins 1) à la note que j'avais publiée le 5 janvier dernier dans laquelle je me livrais à une étude comparée de l'univers du taf et de celui de la vie amoureuse.

Une nouvelle réflexion m'est venue suite à la recherche de boulot que je mène actuellement (et oui, je me barre) et les quelques entretiens que j'ai été amené à passer : pourquoi est-on toujours un peu gêné quand il s'agit de parler salaire ?


Comme si cela revenait à se faire outer que de révéler le montant de notre fiche de paie. Alors qu'il n'y a aucune gêne à avoir, au contraire : une complète transparence permettrait de lisser un peu tout ça, a priori au bénéfice des salariés, puisque "si je sais combien les gens qui font la même chose que moi gagnent, je sais instantanément combien en vrai je vaux sur le marché."

Je suis donc favorable à ce que chacun affirme avec fierté lors de son prochain dîner mondain, ou plus sobrement au cours d'un verre entre amis ou d'une réunion familiale : "Alors voilà, Papa, Maman, il faut que vous le sachiez. Je vous l'ai caché jusqu'à maintenant, mais en vérité, je ne gagne que 1500€ nets par mois. Et j'ai pas de RTT."

mardi 12 janvier 2010

Comme au Jack Rabbit Slim's, sans le Twist Contest

Aujourd'hui, nous recevons sur ce blog Jean-Pierre Pernaut, qui nous livre ce qu'on peut appeler un "coup de gueule", n'ayons pas peur des mots, contre la sandwicherie en bas de son taf.

Le Yorkshire n'est là que les mardis et les jeudis, sur rendez-vous.

Au 46 Avenue Marceau, dans le 8ème arrondissement de Paris, sied une échoppe au nom incongru : le 46 Avenue, le 4-6 pour les intimes. Tenu par la généreuse et charmante Vicky, ce haut lieu de la gastronomie surfe sur la vogue du "mieux-déjeuner", aussi connue sous le nom de la mode du "sandwich-qui-coûte-un-bras". Celle-ci consiste à s'installer dans un quartier plutôt chic, tant qu'à faire où des gens travaillent et ont la flemme d'aller à plus de 50 m de leur taf pour chercher de quoi se sustenter à midi et seront donc contraints d'accepter, la bouche en cœur, de débourser 6€ pour un bout de pain garni ; fort heureusement, pour cette modique somme, ce sont de véritables fantaisies culinaires en baguette qu'ils pourront goûter, généralement à base de roquette, de fromage frais et/ou de pignons (de pin).

Ainsi, vous trouverez chez Vicky des Choupas, des Sopranos, des Croqu'Génies, et même des Moundirs, qui s'intitulent de la sorte non pas parce qu'ils sont préparés à la machette mais parce que l'intéressé se rend régulièrement Avenue Marceau pour y déguster sa création originale à base de fonds d'artichauts.


Seulement voilà, un détail vient gâcher ce tableau idyllique : la tenancière du lieu elle-même. Si seulement son insupportabilité se bornait à son comportement ignoble à l'égard de ses employés, mais elle a visiblement ses têtes parmi ses clients (si vous ne portez pas de costard ou de fourrure, attendez-vous à un accueil finlandais).

Pire : elle va jusqu'à pousser le vice à la limite de la légalité. Je m'explique.

Avec en plus du sandwich une cannette à 2€, et un dessert généralement autour de 3€, on s'en sort généralement au 4-6 avec une addition à 11€. Je fréquente l'endroit depuis mon arrivée Avenue Marceau, soit depuis mai 2007. Et en 2 ans, elle n'a jamais jugé utile de rendre publique l'existence d'une "formule", au prix de 9,5€. La logique est somme toute simple : "si les gens savent que je propose une formule, ils risquent de la demander, et donc je perdrais 1,5€ par client ; si je la supprime, les gens qui viennent et la commandent risquent de ne plus venir ; conclusion : je la conserve, mais surtout j'en parle pas". A la limite de la légalité, en plein dans la malhonnêteté.

Alors après que j'ai poussé une mini-gueulante un jour, elle a miraculeusement affiché clairement la susdite formule. A un détail près : alors qu'elle incluait d'abord n'importe quel dessert, elle n'est vendue aujourd'hui qu'avec certains desserts ; lesquels ont un prix maximum de 1,8€. Faisons nos comptes : avec une canette toujours à 2€, la formule n'est donc "intéressante" pour un client que s'il prend un sandwich coûtant au moins 5,7€. Ce qui est le cas, j'ai compté, de 3 sandwiches sur 12 différents proposés chaque jour. Autrement dit, si vous ne faîtes pas gaffe, vous avez 3 chances sur 4 de vous faire niquer.
J'ai déjà vu une cliente japonaise commander une formule avec un sandwich à 6€ changer d'avis pour un sandwich à 5€. On ne lui a pas fait remarquer, elle a payé sa formule plus cher que le prix de chaque élément séparé.
Inversement, si vous prenez le contenu d'une formule (dont un sandwich à 6€) sans préciser que c'est une formule, on vous facturera la somme des prix de ce que vous avez choisi.


J'invite donc (et ils sont nombreux) tous les lecteurs de ce blog qui travaillent dans le marketing à réfléchir à ce cas tout à fait intéressant de pricing qui défie toute logique et d'absence totale de fidélisation, puisque le client n'a pas l'air échaudé par la manigance ou les mauvais traitements - il est tous les midis toujours aussi présent devant sa cantine.

mardi 5 janvier 2010

Métr♥ - B♥ul♥t - D♥d♥

C'est pas moi qui le dis : de nombreuses études ont montré qu'en France, la relation qu'on entretient avec son boulot présente très fréquemment (toujours ?...) une composante affective forte.

Mais j'ai envie d'aller plus loin. Certes, la récente officialisation de mon souhait de me casser de mon taf actuel pourrait sans doute laisser croire que ma prise de conscience en est concomitante. Mais l'analyse que j'ai menée est bien antérieure. Et je suis parvenu à cette conclusion dès mes tous premiers stages : le monde professionnel et notre vie amoureuse se ressemblent terriblement. En voici quelques exemples frappants.


- Au commencement, il y a l'individu en recherche d'un emploi, qui a tout du célibataire en quête d'une relation. On parle bien de misère affective, d'ailleurs. Tous deux fréquentent des groupes susceptibles de les aider et des lieux qui sauront combler leurs manques (le pôle emploi, les boîtes de nuit, les séminaires de jeunes diplômés, les bars où speed-dater...), et internet leur a ouvert de nouvelles perspectives.


- Puis vient la première rencontre. En date comme en entretien, on sort tous ces atouts, on séduit, on charme, on essaie de donner envie : l'essentiel est de concrétiser. Mais on est parfois obligé de les enchaîner avant de trouver la perle rare - et surtout de lui taper dans l'œil à elle...

Déjà tout jeune, Claude Allègre avait compris qu'il ne fallait 
pas hésiter à dire le fond de sa pensée pour se faire remarquer.

- Heureusement, on nous propose un jour de construire quelque chose, ensemble. On peut appeler ça un CDI, une long-term relationship, un mariage, l'idée reste la même : nous voulons qu'on nous fasse confiance, mener à bien des projets (construire une maison de plain pied, démanteler une centrale nucléaire, pondre un chiard...). Malheureusement, on a parfois droit à des "je cherche pas de truc sérieux mais je vais un peu abuser de toi quand même", "je préfère te le dire tout de suite, je suis plus en mode sex-friend", ou "je t'aime/je t'aime plus/je t'aime/je t'aime plus" : on nous offre alors un stage, un temps-partiel ou un contrat en alternance.


- C'est fâcheux, mais vient inévitablement (au bout de 3 ans) le moment où on se demande pourquoi on reste ensemble alors que le cœur n'y est plus. Par habitude ? Par peur du changement ? Pour le confort ? C'est alors que commencent nos premières infidélités. On flâne d'abord sur les sites de cul ou sur Linked-in, on se met à regarder plus attentivement les relationship status de nos amis sur facebook ou les pages d'annonces toutes compactées  dans Télérama ou Le Point... C'est le début de la fin.

- Reste à annoncer la nouvelle. Parfois ça se passe bien - l'autre est même soulagé, car lui-même avait "quelque chose à nous dire..." Attention toutefois, il faut bien choisir ses mots ("c'est pas toi, c'est notre relation qui me va plus") si on ne veut pas se retrouver devant le juge, ou tout simplement passer un mauvais moment.



Et pour la route, un petit lien et puis un autre.

samedi 7 novembre 2009

Le pouvoir pour les nuls

Si vous aussi, vous en avez marre de vous faire marcher sur les pieds, voici quelques conseils pour passer en un rien de temps du statut de dominé à celui de dominant. Imparables.



- Au lever, commencez par copieusement arroser d'urine la lunette des toilettes, si vous êtes un homme, ou faîtes tout simplement par terre si vous êtes une femme. Vous assoirez ainsi votre statut de maître(ss)e de la maison tout en marquant votre territoire.

- Une fois habillé (sans vous être lavé, pour mieux imposer votre charisme aux autres), en passant la porte, hurlez sur un ton vindicatif une dizaine de "J't'emmerde, pauv' con". Non seulement ça détend, mais ça prépare à s'en resservir dans la journée - et ça fera comprendre à votre voisin de palier qui est le Chef de l'éta(ge).

- Dans la rue ou les couloirs du métro, ne cédez plus le passage à ceux qui tracent leur route sans jamais s'en détourner. Regardez ces individus droit dans les yeux, et foncez tout droit à votre tour. Si besoin (à moins de 1m de la collision), poussez un grognement.

- Au taf, finis les "Bien sûr, je vous tape ce rapport (qui ne sera de toute façon pas lu) tout de suite !" et autres "Préparer un mail (perso qui sera de toute façon repris par vous-même donc je pourrais aussi bien écrire des phrases sans conjuguer les verbes) ? Pas de problème, je m'en occupe !" Optez plutôt pour des "J'irai en réu si je veux", des "Je me torche le fond du derche avec vos deadlines", ou encore des "Ta gueule, c'est moi qui décide de la répartition des tâches." Sachez vous faire res-pec-ter.

- Pour ne plus faire la queue dans les commerces ou au restaurant, rien de tel qu'un croche-pied un peu sournois. Par ailleurs, visez le nez quand vous décochez votre coup de coude au malheureux qui s'aventurerait à vous doubler. Enfin, payez toujours en jetant de la petite monnaie et sans regarder la personne qui vous a servi, cela va de soi.

- Vous rentrez chez vous, votre gardienne vous accueille par un courtois "Bonsoir, vous allez bien ?" : ne répondez pas. Mieux : jetez dans l'entrée qu'elle vient de balayer votre ticket de métro usagé, ou écrasez votre cigarette encore chaude sur sa joue bouffie de gentillesse mielleuse et hypocrite.

- Et pour finir la journée, n'oubliez pas : soyez toujours au-dessus pendant l'amour.

Si avec ça, vous n'arrivez pas à vous faire respecter, c'est que vous êtes irrémédiablement une tapette. Ne me remerciez pas.